Au Lualaba, l’entreprise minière SOMIDEZ, financée par le groupe China Nonferrous Metal Company, cristallise une vive indignation. Licenciements abusifs, mépris présumé des autorités congolaises et non-respect des droits des travailleurs : le tableau dressé par plusieurs sources est accablant.
Selon des témoignages concordants, une dizaine d’agents ont été brutalement licenciés après avoir pris part à une réunion organisée entre les services publics et la société, dans le but d’apaiser les tensions à l’origine d’un mouvement de grève. Pourtant, au cours de cette rencontre présidée par la directrice Marie-Louise Musenga Mafo, déléguée de la gouverneure, en présence de l’Inspection du travail, il avait été clairement convenu qu’aucune sanction ne sera prise contre les agents invités à s’exprimer sur les griefs opposant le personnel à leur employeur. Au cours de cette réunion, une chinoise a manqué de respect à la délégation gouvernementale.
Au-delà de ces licenciements, plusieurs observateurs dénoncent un mépris affiché envers l’État congolais et ses représentants, évoquant même le trafic d’influence depuis l’implantation de l’entreprise, sous la protection supposée de certaines hautes autorités du pays par le passé.
Autre fait troublant : le Directeur Général de SOMIDEZ est régulièrement absent lors des réunions officielles, se faisant représenter par une interprète et le DRH adjointe. Plus grave encore, les décisions prises avec les autorités locales sont ensuite remises en cause en interne.
La tension est montée d’un cran ces derniers jours lorsque l’attaché juridique de la société, Hervé Mbulu, s’est illustré par un manque de respect flagrant, exprimé dans une correspondance adressée au coordonnateur provincial de la CNDH. Un incident jugé inacceptable. En réaction, la CNDH/Lualaba préparerait une riposte afin de rétablir son image et réaffirmer l’autorité de l’État.
Sur le plan social, malgré des grèves à répétition, l’entreprise est accusée de ne pas respecter le SMIG jusqu’à ce jour.
A SOMIDEZ, les chinois méprisent des lois et des institutions de la République, selon une source interne.
Contacté, le directeur des ressources humaines, Clément, invite la presse à saisir par écrit la société incriminée afin d’obtenir sa version des faits.
Pascal MULAND
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