À Kolwezi, le dossier de la dépollution de la rivière Musonoïe, au village Tshala dans le territoire de Mutshatsha, s’enlise et prend une tournure de plus en plus explosive. Derrière ce projet mené sur le permis d’exploitation 652 de Metalkol SA, exécuté par la Société Coopérative Hosanna Sarl dirigée par Ntete Etumba Fatou cadre du parti politique FIDEC, une série d’accusations graves refait surface : pillage présumé de minerais, documents contestés, soupçons de fraude et climat d’insécurité.
Selon une organisation des Jeunes, qui s’exprime à travers plusieurs émissions télévisées et une correspondance adressée au Vice-Premier ministre de l’Intérieur, « après vérifications et recoupements sérieux », « la société TOURBIERE SARL n’a jamais conduit la moindre enquête de terrain sur la rivière Musonoïe ». L’organisation affirme également que « les responsables en province sont incapables d’identifier et de localiser la rivière Musonoïe ».
Plus grave encore, elle évoque des « documents falsifiés, produits à Kinshasa », qui ont servi de base à la décision administrative autorisant la Coopérative Hosana à intervenir sur le site. Sur le terrain, toutefois, les dénonciateurs parlent d’une tout autre réalité, accusant la coopérative de se livrer à un pillage systématique de minerais dans ce périmètre appartenant à Metalkol SA. Une situation qualifiée d’atteinte « grave à la légalité administrative, à la transparence institutionnelle et à la crédibilité de l’État ».
Comme si cela ne suffisait pas, la situation sécuritaire suscite également de vives inquiétudes. Toujours selon les mêmes sources, une soixantaine de jeunes, décrits comme une milice, seraient actifs dans la zone, « vêtus en noir et armés de machettes », opérant autour du site de la rivière et liés aux activités de la coopérative dirigée par Ntete Etumba Fatou.
Les Jeunes Révolutionnaires Katangais dénoncent en outre des conséquences sociales et environnementales alarmantes, évoquant notamment « la malformation des enfants, les avortements des femmes enceintes, la pollution des champs et la mort d’animaux aquatiques ».
Face à cette situation, l’organisation appelle à des mesures fortes : « le retrait immédiat » des autorisations accordées, « l’ouverture d’une enquête administrative et judiciaire » ainsi que des sanctions contre les responsables impliqués.
Interpellée, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, est appelée à agir pour « sécuriser les investissements » et « mettre à la disposition de la justice les pilleurs des minerais ».
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités ou des sociétés mises en cause n’a été enregistrée.
Rédaction
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