Un vent de colère souffle sur le site de Lualaba Copper Smelter, LCS en sigle. Les délégués syndicaux ont officiellement notifié à la direction leur intention de recourir à une grève pacifique à compter du 24 août. Cette décision intervient après des années de « souffrance », selon leur propre aveu, et un ultime avertissement adressé au Directeur général.
Des travailleurs « manœuvres » malgré leurs diplômes
Le cœur du conflit réside dans une accusation de discrimination systémique à l’encontre des travailleurs congolais. Dans leur lettre de notification, les syndicalistes dénoncent une classification des emplois qu’ils jugent illégale. Ingénieurs, opérateurs de salle de contrôle, électriciens et techniciens seraient systématiquement relégués au statut de « manœuvre ordinaire » ou « manœuvre lourd », sans reconnaissance de leurs qualifications réelles .
« Nous refusons cette situation avec fermeté », écrivent-ils, rappelant que le Code du travail congolais impose à l’employeur d’appliquer une classification conforme aux fonctions réellement exercées. Cette pratique, dénoncée depuis des années, s’accompagnerait de rémunérations ne respectant pas le SMIG et des écarts salariaux choquants avec les expatriés .
Un climat social délétère et des syndicalistes « muselés »
La tension est également vive sur le plan syndical. Les travailleurs dénoncent des tentatives de remise en cause du mandat de délégués régulièrement élus, en contournant les procédures légales prévues par le Code du travail et l’Arrêté ministériel encadrant le mandat syndical.
L’ambiance est décrite comme pesante, avec des accusations de corruption visant le président de la délégation syndicale, Goutier Sula, et le directeur des ressources humaines, Samuel. Des sources internes évoquent un « achat de silence » et un conflit d’intérêts, le président étant soupçonné de détenir un contrat privé avec la direction . Les travailleurs critiques auraient par ailleurs été convoqués et intimidés par les RH pour leurs propos tenus sur des groupes WhatsApp .
Un appel au dialogue avant l’épreuve de force
Dans leur préavis, les délégués affirment ne pas être « contre LCS » mais appellent à un dialogue sincère pour restaurer une paix sociale durable. Leurs revendications portent sur neuf points, incluant la reclassification professionnelle, le respect des droits syndicaux, l’amélioration des conditions de santé et sécurité ou encore la régularisation des décomptes finaux.
« Nous voulons que la réussite de l’entreprise ne se fasse pas au détriment de la dignité de ceux qui travaillent quotidiennement pour elle », peut-on lire dans la lettre. L’intersyndicale provinciale et les autorités ont été informées. Si la direction ne répond pas favorablement à cet appel avant le 24 août, le mouvement social pourrait paralyser le site.
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