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Lualaba : l’entreprise LCS accusée de fraude au SMIG et d’exploitation des travailleurs

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Un document explosif circule à Kolwezi et secoue déjà le secteur minier du Lualaba. Dans une lettre anonyme de dénonciation datée du 6 mars 2026, des travailleurs accusent l’entreprise Lualaba Copper Smelter S.A.S, LCS, de violations graves et systématiques du droit du travail congolais, allant du contournement du SMIG à la manipulation des classifications professionnelles.

Adressée à plusieurs institutions de la République dont la Primature, l’Inspection générale du travail, les ministères du Travail et des Mines, ainsi que le gouvernorat du Lualaba, cette correspondance décrit un système organisé pour réduire illégalement les salaires des travailleurs congolais.

Selon les auteurs de la dénonciation, l’entreprise applique une méthode simple mais redoutable : classer administrativement presque tous les travailleurs congolais comme de simples manœuvres, peu importe leurs véritables fonctions.

Pourtant, sur le terrain, plusieurs employés occupent des postes hautement techniques : opérateurs métallurgiques, techniciens de maintenance, électriciens et mécaniciens industriels, opérateurs d’acide sulfurique et de gaz industriels, opérateurs de salle de contrôle.

Cette classification jugée « volontairement fausse » permettrait à l’entreprise de payer des salaires largement inférieurs au minimum légal, malgré l’entrée en vigueur du SMIG 2026.

Les accusations ne s’arrêtent pas là. La lettre évoque également un non-respect flagrant des avantages sociaux prévus par la législation congolaise.

Parmi les pratiques dénoncées :

une indemnité de logement réduite à 18 % au lieu de 30 %, l’absence d’indemnité de transport, l’absence de décompte final pour certains travailleurs en fin de contrat.

Pour les auteurs de la dénonciation, ces pratiques s’apparentent à une fraude sociale organisée au détriment des travailleurs nationaux.

Pendant que les salaires sont tirés vers le bas, les conditions de travail décrites dans la lettre sont particulièrement alarmantes.

Les travailleurs sont quotidiennement exposés :

aux gaz industriels toxiques comme le dioxyde de soufre (SO₂), à la manipulation d’acide sulfurique, à des températures extrêmes dans les installations pyrométallurgiques, à des risques permanents d’accidents graves ou mortels.

Malgré ces dangers, les compensations salariales et primes de risques ne correspondraient pas aux normes légales, dénoncent les auteurs.

Le document révèle également un climat de peur généralisé parmi les travailleurs. Beaucoup hésiteraient à dénoncer ces pratiques de peur de subir : un licenciement immédiat, des sanctions disciplinaires, une mutation punitive, ou une mise sur liste noire dans les entreprises minières locales.

Face à la gravité des accusations, les auteurs réclament notamment : une enquête officielle et inopinée au sein de l’entreprise ; un audit complet des contrats de travail et fiches de paie ; la vérification de l’application du SMIG 2026 ; la régularisation salariale avec paiement des arriérés aux travailleurs lésés.

« Nous sommes peut-être pauvres, mais la loi congolaise et la dignité des travailleurs doivent être respectées », conclut la lettre.

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