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UNILU 2026 : et si l’avenir du Lualaba ne se trouvait plus dans le sous-sol ? La Ferme Kaumba en fait la démonstration

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À l’heure où la diversification de l’économie s’impose comme une nécessité en République démocratique du Congo, certains acteurs ont choisi de transformer le discours en résultats concrets. Au cœur de la province du Lualaba, le domaine agro-pastoral Ferme Kaumba s’affirme aujourd’hui comme l’un des symboles les plus visibles de cette transition vers une économie productive fondée sur la terre, l’élevage et l’innovation agricole.

Cette démonstration de force n’est pas passée inaperçue lors des journées scientifiques organisées les 15 et 16 mai 2026 par l’Université de Lubumbashi, à l’occasion du trentième anniversaire de sa faculté des sciences agronomiques et de l’environnement. Placées sous le thème « Innovations agropastorales et systèmes alimentaires durables face aux dynamiques du corridor de Lobito », ces assises ont réuni chercheurs, autorités politico-administratives, partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs opérateurs du secteur agricole.

Parmi les intervenants de haute classe , Jacques Kaumba responsable de la ferme Kaumba ( Lualaba), a livré une intervention remarquée sur les enjeux de la production agricole, les contraintes du terrain, mais aussi les opportunités stratégiques qu’offre aujourd’hui l’agriculture dans une province historiquement tournée vers l’exploitation minière.

Jacques Kaumba dénonce une « concurrence déloyale » de l’État sur le marché du maïs

Pour Jacques Kaumba, l’agriculture locale a changé de dimension. « Elle n’est plus une activité de survie, elle est devenue une activité économique rentable. »

Mais derrière cette dynamique, l’acteur agricole dénonce ce qu’il qualifie de concurrence déloyale de l’État congolais. En cause : l’importation massive de maïs en provenance notamment de la Zambie et de de l’Afrique du Sud , au moment où les producteurs locaux s’apprêtent à écouler leurs récoltes. Un phénomène connu localement sous l’expression « Bunga ya Leta », littéralement la farine de l’État.

Selon Jacques Kaumba, cette intervention de l’Etat , pensée pour répondre aux pénuries, fragilise pourtant les opérateurs privés, contraints d’assumer seuls les coûts de production dans un contexte international tendu. Il alerte également sur les répercussions de la crise au de Moyen Orient , qui entraîne une hausse des prix du carburant et des intrants agricoles.

Face à cette situation, le patron de la méga-ferme Kaumba plaide pour la mise en place de mécanismes d’accompagnement, notamment des subventions en faveur des producteurs locaux, financées notamment à partir des revenus du secteur minier.

Mais au-delà du discours, c’est sur son stand d’exposition que la Ferme Kaumba a véritablement capté l’attention. Produits maraîchers, cultures vivrières, production animale, pisciculture, aviculture : l’exploitation a présenté un écosystème agricole intégré, illustrant une ambition claire : bâtir une chaîne de production locale capable de répondre durablement aux besoins alimentaires des populations.

Sur plusieurs hectares, la Ferme Kaumba développe une approche multisectorielle en combinant agriculture mécanisée, élevage, pisciculture et aviculture. Tracteurs, équipements agricoles modernes, organisation technique des cultures et valorisation de la main-d’œuvre locale, tout est pensé pour conjuguer productivité, qualité et durabilité.

Depuis 2020, l’exploitation s’inscrit dans une vision assumée : celle de « la revanche du sol sur le sous-sol ». Dans une province où le cuivre et le cobalt dominent encore l’économie, la Ferme Kaumba défend une autre richesse : celle d’une terre capable de nourrir, d’employer et de stabiliser les communautés.

Avec une production 100 % naturelle, une stratégie orientée vers l’autosuffisance alimentaire et une présence de plus en plus remarquée dans les grands rendez-vous scientifiques et économiques, la Ferme Kaumba ne se contente plus de produire. Elle incarne désormais, au Lualaba, une nouvelle grammaire du développement.

Rédaction / Aigleinfos.cd

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