À Kolwezi, l’Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains (IBGDH ASBL) appelle à une action gouvernementale plus ferme pour enrayer les violences dans le secteur minier du Lualaba. Dans un communiqué de presse publié le 20 novembre 2025, l’organisation estime que « la militarisation du secteur minier au Lualaba, l’unique bonne Foi du Ministre National des Mines ne suffit pas, il faut une synergie Gouvernementale ». Une réaction après de nouveaux incidents signalés dans les zones d’exploitation artisanale.
Selon l’IBGDH ASBL, la situation de Kalando, où un incident a récemment été enregistré, illustre une dynamique déjà observée dans plusieurs localités minières du Lualaba. L’organisation note que les interventions militaires irrégulières se multiplient, souvent au profit d’intérêts privés. Elle rappelle que l’« incident susmentionné n’est pas un cas isolé d’autant plus qu’il existe plusieurs autres cas similaires qui se multiplient notamment dans les sites miniers […] accompagnés des actes de violences dont principalement causés par des militaires abusivement utilisés par des Dirigeants Congolais, des Officiers Militaires et leurs partenaires ».
Une répétition d’incidents meurtriers
Dans son communiqué, l’IBGDH ASBL souligne que « déjà il y a eu des morts imputés notamment aux sites de Biwaya, Fungurume, Luilu, Tshabula, Kaka nda, Musonoie,… récemment l’incident du 14 Kalondo, l’opinion Nationale n’a pas été suffisamment informée ».
L’organisation regrette le manque de sanctions contre les personnalités impliquées dans l’usage abusif de forces armées autour des concessions minières.
L’ONG dénonce également un traitement inégal des événements à Kalando, comparé à d’autres dossiers. « Si pour le cas de pollution qu’il y a eu lieu à Lubumbashi, le Ministre avait avec autant des rapidités suspendu les activités de l’entreprise impliquée mais pour le cas de Kalando aucune mesure n’a été prise et aucune personnalité n’a été interpellée », peut-on lire dans le document.
Elle évoque un « enterrement précipité », une absence de soins adéquats pour les blessés et un flou persistant sur le nombre exact de victimes.
Des accusations qui touchent jusqu’au sommet de l’exécutif
Pour l’IBGDH ASBL, la persistance de ces violences résulte d’un système profondément enraciné : « la mafia minière telle qu’installée au Lualaba implique directement les officiers militaires, les services de sécurité et les proches parents des dirigeants, tant au niveau provincial que national ».
Des allégations sérieuses viseraient notamment « Madame la Gouverneure, les membres de sa famille, ainsi que des proches de la famille du Chef de l’État ».
Un appel direct à la Première ministre
L’IBGDH ASBL appelle les autorités nationales à « mettre fin au versement de sang des congolais dans les sites miniers ». Elle souligne que l’enrichissement illicite de certains responsables « ne devrait plus se faire au détriment des citoyens congolais souvent victimes de tirs à balles réelles ».
L’organisation s’adresse directement à la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, pour solliciter des mesures immédiates. Elle demande :
- la mise en place d’une Commission Gouvernementale Interministérielle Spéciale ;
- et le mandat pour cette commission d’enquêter sur l’« utilisation abusive des militaires dans les sites miniers et les actes de violence qui en découlent », mais aussi sur « l’envahissement des concessions minières par les proches des dirigeants congolais ».
Pascal MULAND
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