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Lualaba : un ouvrier abattu chez Thomas Mining, l’IPDHOR dénonce « un dangereux précédent »

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En République démocratique du Congo, l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion sociale, IPDHOR, dénonce une « grave violation des droits fondamentaux » après la mort de Jonathan Kashala, travailleur de l’entreprise Thomas Mining, survenue le 9 août dernier à Kolwezi. L’ouvrier avait été atteint par balle lors d’une manifestation de grévistes, trois jours plus tôt, dans la concession minière du village Mwilu, province du Lualaba.

Selon l’IPDHOR, les employés observaient une « protestation pacifique » pour réclamer l’augmentation du salaire de base, l’amélioration des primes et avantages sociaux, le respect des congés, le paiement du décompte en cas de licenciement, ainsi que la mise en place d’une maison syndicale représentative et la signature régulière de contrats de travail.

L’ONG accuse la direction de Thomas Mining d’avoir fait appel aux forces de l’ordre au lieu d’engager un dialogue social. La police, déployée sur le site, a utilisé des armes à feu contre les manifestants, provoquant la blessure mortelle de Jonathan Kashala.

Joint au téléphone par la rédaction d’Aigleinfos, le directeur général de Thomas Mining confirme l’incident. Il affirme que la société a soutenu financièrement la famille de la victime, qui a pu procéder à l’enterrement de son fils, « touché par une balle perdue lors de la manifestation ».

Face à ce qu’elle qualifie de « situation d’extrême gravité », l’IPDHOR exige :

  • une enquête indépendante et transparente pour établir les responsabilités ;
  • la traduction en justice des policiers ayant tiré à balles réelles ;
  • la mise en demeure de Thomas Mining pour qu’elle respecte scrupuleusement le Code du travail ;
  • la création d’une maison syndicale ;
  • et des sanctions exemplaires contre l’entreprise pour entrave au droit de grève et atteintes aux droits humains.

L’ONG prévient qu’un règlement « à l’amiable » sans clarification des responsabilités constituerait, selon elle, « un dangereux précédent qui encouragerait d’autres violations ». Elle assure qu’elle suivra ce dossier « jusqu’à ce que la vérité soit établie et que justice soit rendue ».

Pascal MULAND

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