Ce lundi, à l’Assemblée provinciale du Lualaba, les députés de Sandoa ont dressé un constat alarmant sur la situation de leur territoire : pauvreté extrême, projets inachevés, promesses non tenues. C’était à l’occasion de la plénière consacrée à l’audition et à l’adoption des rapports des vacances parlementaires, couvrant les intersessions de juillet 2024 et de janvier 2025.
Dans l’hémicycle, le silence solennel de la plénière a vite laissé place aux échos douloureux des réalités du terrain. Les rapports présentés par les élus provinciaux du territoire de Sandoa ont plongé l’assemblée dans une ambiance empreinte de gravité. Véritable miroir des souffrances vécues au quotidien, leur message a peint un tableau sombre, presque lugubre, d’une contrée reléguée aux marges du développement.
Ce territoire porte sur ses épaules le fardeau d’un abandon qui ne dit pas son nom. Parmi les maux dénoncés, les mots ont pris des allures de plaies ouvertes :
- Un désert d’infrastructures publiques, où écoles, centres de santé et routes ne sont plus que souvenirs ou promesses en veille ;
- Une population livrée à elle-même, sans ambulances pour les vivants en détresse, ni corbillards pour les morts en silence ;
- Des routes agricoles transformées en pièges de boue, où même les récoltes se perdent avant d’avoir vu un marché ;
- Des chantiers du Programme de développement local des 145 territoires figés dans le temps, tel un film en pause, alimentant plus la colère que l’espoir ;
- Des billets de banque refusés car froissés, comme si la pauvreté devait aussi obéir à l’esthétique ;
- Des barrières militaires devenues péages clandestins, où chaque passage coûte en humiliation ce qu’il reste de dignité ;
- Et partout, une misère endémique, qui colle à la peau comme l’ombre suit le corps.
Mais le moment le plus marquant fut l’intervention de l’honorable Pascal MALUKA, président du caucus des députés de Sandoa. Appuyé par des images, il a levé le voile sur ce qu’il qualifie de « mirage énergétique de Sandoa ».
Alors que la gouverneure de province assurait, six mois plus tôt dans cette même enceinte, que les travaux de la centrale photovoltaïque de 3MWc avançaient normalement, l’élu a révélé une réalité bien différente : le site présenté comme porteur de lumière n’est, à ce jour, qu’un champ de patates sans un seul panneau, sans un seul signe d’espoir tourné vers le ciel.
Il a également rappelé à la plénière que sa circonscription attend impatiemment la concrétisation de l’implantation de l’entreprise agricole, promise par le chef de l’exécutif provincial dans son plan quinquennal.
Face à cette accumulation de douleurs et de déceptions, les élus de Sandoa ont lancé un appel vibrant :
Que la province tourne enfin ses regards vers cette terre délaissée ;
Que les actes remplacent les promesses ;
Et que les institutions cessent d’être sourdes aux cris des sans-voix.
Pascal MULAND
Leave a comment