La bataille autour de la Constitution se joue aussi sous terre. Dans un pays qui abrite parmi les plus importantes réserves mondiales de minerais stratégiques, le Collectif des Défenseurs des Droits des Congolais sur l’Exploitation des Minerais Congolais (CDDC-MC) estime que le cadre constitutionnel actuel ne protège pas suffisamment les intérêts nationaux. Son coordonnateur, Me John Kazadi Nkongolo, plaide pour une révision destinée à renforcer le contrôle de la RDC sur ses ressources naturelles.
Lors d’un point de presse organisé à Kinshasa le vendredi 12 juin 2026, le collectif a réaffirmé son soutien à l’initiative de révision constitutionnelle. Selon ses responsables, les Congolais doivent pouvoir tirer davantage profit des richesses minières du pays grâce à des dispositions constitutionnelles jugées plus adaptées aux enjeux actuels.
Au centre de leur argumentaire figure l’article 9 de la Constitution. Celui-ci consacre la souveraineté permanente de l’État sur le sol, le sous-sol, les eaux et les espaces relevant de la juridiction nationale. Pour le CDDC-MC, cette souveraineté reste incomplète tant que certaines zones du territoire échappent au contrôle effectif des autorités publiques.
Me John Kazadi Nkongolo a particulièrement évoqué la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Selon lui, l’absence d’un contrôle total de l’État sur certaines portions du territoire fragilise l’application concrète de la souveraineté prévue par la Constitution. Le collectif considère que le rétablissement de l’autorité de l’État constitue une condition essentielle à une meilleure gouvernance des ressources naturelles.
Dans ce contexte, le CDDC-MC a salué le partenariat entre la RDC et les États-Unis, qu’il présente comme un levier susceptible de contribuer au renforcement de la souveraineté nationale. Le collectif estime que cette coopération pourrait favoriser une meilleure sécurisation du territoire et des zones riches en minerais stratégiques.
Le collectif s’est également montré critique à l’égard de l’article 217 de la Constitution. Cette disposition autorise la RDC à conclure des accords ou traités pouvant conduire à un exercice partagé de certaines compétences souveraines dans le cadre de l’intégration régionale ou internationale. Pour Me Kazadi Nkongolo, cette ouverture peut exposer le pays à des risques liés à la préservation de ses intérêts stratégiques.
À l’inverse, le CDDC-MC soutient le maintien et le renforcement de l’article 214, qui affirme notamment l’inviolabilité du territoire national. Le collectif souhaite voir cette garantie consolidée dans une future réforme constitutionnelle afin de mieux protéger les terres congolaises et les richesses qu’elles contiennent.
Dans la conclusion de sa déclaration, dont copie a été présentée à la presse, le collectif souligne que la RDC occupe une place stratégique dans l’économie mondiale grâce à ses importantes réserves de minerais et de terres rares. Il affirme que la valorisation de ces ressources doit s’accompagner d’une souveraineté nationale renforcée et d’une meilleure maîtrise de leur exploitation.
Le document appelle également la jeunesse congolaise à s’engager dans les initiatives favorisant la paix, le développement et le débat autour de la réforme constitutionnelle.
Le collectif soutient la tenue d’un référendum et estime qu’une nouvelle architecture institutionnelle pourrait contribuer à améliorer la chaîne de valeur des minerais congolais, notamment à travers une transformation plus importante des ressources sur le territoire national.
Le CDDC-MC considère enfin que la révision constitutionnelle doit permettre de créer des mécanismes plus solides pour encadrer l’exploitation minière, protéger les intérêts économiques du pays et offrir davantage d’opportunités à la jeunesse.
Dans sa déclaration finale, le collectif présente le président Félix Tshisekedi comme l’acteur appelé à conduire cette vision de souveraineté sur le territoire et les ressources nationales.
La Rédaction
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