La République Démocratique du Congo est en train d’opérer un basculement stratégique majeur : passer d’un statut de bénéficiaire de projets à celui d’acteur crédible de la diplomatie numérique et de la santé globale.
Malgré des contraintes budgétaires et structurelles persistantes, le pays a posé des jalons techniques solides à travers le Plan National de Développement de l’Informatique de la Santé (PNDIS 2), l’opérationnalisation de l’Agence Nationale d’Ingénierie Clinique, de l’Information et de l’Informatique de Santé (ANICiiS), ainsi que la mise en place de systèmes d’information sanitaire interopérables.

Ces dispositifs ont permis une réponse numérique coordonnée face à la COVID-19, le renforcement de la gouvernance des données de santé et l’appui à la Couverture Santé Universelle, traduisant une ingénierie congolaise adaptée à l’échelle d’un pays-continent.
Dans un contexte international où la souveraineté numérique, la circulation transfrontalière des données de santé et la normalisation technique sont devenues des enjeux diplomatiques de premier plan, ces acquis prennent une dimension géopolitique

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Les États disposant d’une vision structurée, de capacités opérationnelles éprouvées et de ressources humaines capables d’articuler expertise technique et dialogue diplomatique ne sont plus de simples récipiendaires de financements. Ils participent désormais à la co-construction des politiques publiques globales, des cadres de régulation et des standards internationaux en santé numérique, au même titre que les grandes puissances technologiques.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’intégration de M. Jean-Max Mayaka, diplomate au Ministère des Affaires étrangères et ancien Coordonnateur national de l’ANICiiS, directement impliqué dans la conception et la mise en œuvre du PNDIS 2.

Ce profil, à l’interface de la gouvernance publique, de la santé numérique et de la coopération multilatérale, offre à la RDC un levier institutionnel pour valoriser son expérience nationale dans les enceintes internationales.
Loin d’une initiative individuelle, cette approche structurée vise à renforcer la visibilité stratégique du pays, à attirer des partenariats plus équilibrés et à positionner la RDC comme force de proposition.
Désormais, la diplomatie numérique devient pour la RDC un instrument d’influence, de coopération et de co-construction au service de la santé globale.
Ludovick Iwele
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