Éliminée dès la phase de groupes du CHAN 2024, malgré un total honorable de six points, la République Démocratique du Congo quitte la compétition avec plus de questions que de certitudes. Balayée 3-1 par un Maroc largement supérieur ce dimanche 17 août à Nairobi, la RDC voit une nouvelle fois son aventure continentale s’arrêter là où elle aurait dû commencer.
Face à la presse, le sélectionneur Otis Ngoma n’a pas fui ses responsabilités. Loin des discours évasifs, il a pris de front l’échec, reconnaissant sans détour ses erreurs. « C’est moi le responsable, j’assume entièrement. Peut-être que la composition de départ n’était pas la bonne », a-t-il lancé avec une franchise rare dans les coulisses du football africain.
L’analyse ne s’arrête pas là. Le coach Otis Ngoma confesse une gestion de match hasardeuse, pointant notamment un changement crucial qu’il n’a pas effectué à temps. « On devait faire ce remplacement bien plus tôt. On a tardé. C’est une erreur technique de ma part, et j’ai recadré mon staff. »
Malgré tout, le sélectionneur ne jette pas la pierre à ses joueurs. Il loue leur combativité, leur volonté, mais déplore un encadrement insuffisant à ce niveau d’exigence. « Ce sont nos meilleurs éléments, mais ils manquent d’accompagnement. Ce tournoi exige de l’excellence, et nos garçons ont combattu jusqu’au bout, mais ils n’étaient pas préparés pour ça. »
En toile de fond, un constat inquiétant : la RDC accuse un retard criant en matière de formation et de structuration. « Les autres nations progressent. Elles investissent dans les académies, dans le travail de fond. Nous devons évoluer aussi, sinon, nous resterons spectateurs. »
Quant à son avenir, Otis Ngoma ne s’accroche pas à son poste. Il s’en remet à la Fédération pour décider de la suite. « Si je dois partir, je le ferai en laissant les clés et les leçons tirées. Il faut continuer à bâtir. »
Au-delà d’une simple élimination, ce revers résonne comme un signal d’alarme. La RDC, deux fois championne du CHAN, n’a plus le luxe de se reposer sur son passé. Le présent exige une refonte profonde et urgente, sous peine de voir les Léopards s’enfoncer durablement dans l’anonymat continental.
La Rédaction
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