Depuis plusieurs mois, les stades Tata Raphaël et des Martyrs, à Kinshasa, ont été transformés en sites d’accueil pour les sinistrés des inondations. Ces lieux, censés incarner la solidarité nationale, sont aujourd’hui au cœur d’un scandale de détournement de fonds, affectant directement les prestataires chargés de la gestion quotidienne des sites.
Un message anonyme parvenu à notre rédaction dénonce une gestion financière opaque et profondément injuste.
Selon ce témoignage, les prestataires affectés au stade Tata Raphaël n’ont cessé de travailler avec dévouement, malgré des conditions difficiles, notamment l’absence de prise en charge pour leur transport. Cependant, lors d’une récente réunion, il leur a été annoncé que leurs salaires allaient être divisés par deux, sous prétexte d’introduire de nouveaux agents.
Une décision unilatérale qui suscite l’indignation : comment peut-on réduire de moitié la rémunération d’un travail déjà accompli, sans discussion ni respect des engagements initiaux ?
Plus grave encore, cette pratique semble être une manœuvre bien rodée. Des soupçons de détournement planent sur les responsables de la coordination des sites. L’argent destiné à payer une dizaine de prestataires serait sciemment détourné, chaque salaire amputé au profit de pratiques douteuses. Une gestion décriée par les victimes elles-mêmes, qui parlent d’une “trahison de la solidarité”.
Il est crucial de préciser que ce dysfonctionnement ne met pas en cause le ministre provincial de la Santé, mais bien certains agents et services sous sa tutelle. Ces derniers ternissent l’image d’une réponse humanitaire censée protéger les plus vulnérables. Il est donc urgent que le ministre soit informé de ces abus afin de diligenter une enquête interne et rétablir la justice pour ces travailleurs exploités dans l’ombre.
Face à cette situation, nous appelons les autorités provinciales à prendre des mesures fortes, rapides et transparentes. Il en va de la dignité des prestataires, de la crédibilité des institutions et du respect dû aux sinistrés.
L’aide humanitaire ne doit jamais devenir un terrain fertile pour les détournements. Il est temps d’agir.
La rédaction
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