Home Société Maître Patrick Nsasa dynamite la Cour constitutionnelle : entre silences complices et jurisprudence à géométrie variable
Société

Maître Patrick Nsasa dynamite la Cour constitutionnelle : entre silences complices et jurisprudence à géométrie variable

Share
Share

Dans un pays où la Constitution est souvent traitée comme un menu à la carte, Maître Patrick Nsasa a lancé un pavé juridique dans la mare institutionnelle.

À Kinshasa, devant une assemblée affûtée de juristes, activistes et chercheurs, le directeur du suivi des institutions publiques pour l’ASADHO n’a pas tremblé. La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo, censée être le dernier rempart des droits humains, s’est transformée, selon ses mots, en une machine à entériner l’inacceptable.

Lors de son intervention, Ce que Maître Nsasa explique est troublant : une juridiction qui joue à l’équilibriste sur la corde de la légalité, tout en gardant un œil attendri sur les intérêts politiques dominants. Derrière la façade de la légitimité constitutionnelle, la Cour entérine des décisions contraires aux normes internationales les plus élémentaires.

Le comble : elle autorise la levée du moratoire sur la peine de mort, sans même évoquer les conventions qu’elle foule au pied. Résultat : une population juridiquement désarmée, des droits fondamentaux piétinés, et une institution dont le silence complice commence à ressembler à de la trahison institutionnelle.

L’un des constats les plus accablants formulés par cet expert en droit reste l’absence de voie d’accès direct à la Cour pour les citoyens victimes de violations de leurs droits. Une anomalie criante dans un État de droit digne de ce nom. Que vaut une juridiction qui se dit garante des libertés, si elle reste sourde à la souffrance du peuple ? Ce verrou juridique, soigneusement maintenu, est une négation de la justice participative.

Mais Maître Patrick Nsasa ne s’arrête pas à l’indignation : il propose une feuille de route solide et ambitieuse. Amender la loi organique pour instaurer un recours individuel, imposer la motivation systématique des arrêts en intégrant les normes internationales, et former enfin des juges en droits humains, pas seulement en droit constitutionnel formel.

Il plaide pour une Cour connectée à la réalité sociale, en dialogue avec le barreau, la société civile et les institutions de défense des droits. Son combat, dit-il, est celui de toutes celles et ceux qui refusent qu’on joue aux dés avec les droits fondamentaux.

Ludovick Iwele

Share

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Don't Miss

Mondial 2026 : Félix Tshisekedi adresse un message de confiance et d’encouragement aux Léopards avant le choc face à l’Ouzbékistan

À quelques heures de leur ultime match de la phase de groupes de la Coupe du Monde 2026 contre l’Ouzbékistan, les Léopards de...

Conseil de sécurité de l’ONU : la RDC exige l’application intégrale de la résolution 2773

La République démocratique du Congo a réaffirmé, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, son appel à une mise en œuvre «...

Related Articles

Kolwezi : COMMUS lance sa colonie de vacances 2026 pour les enfants de Kapepa

La Compagnie minière de Musonoie, COMMUS SAS, a donné le coup d’envoi,...

Lualaba : parquet, prison et biens saccagés après la mort d’un jeune

La cité de Dilolo Gare, située à des centaines de Kolwezi de...

Kasaï : un père tue son fils de 20 ans à l’arme blanche à Luebo

Un drame familial d’une extrême violence s’est produit le mercredi 8 juillet...

Kasaï : Naufrage à Ilebo, la société civile dénonce le silence des autorités

Un grave naufrage s’est produit dans la nuit du 30 juin au...