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Vacances scolaires à Kinshasa : la jeunesse abandonnée à la débauche ?

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Depuis le 2 juillet, les élèves de la République démocratique du Congo sont officiellement en vacances. Les établissements scolaires ont fermé leurs portes, les finalistes ont passé les épreuves de l’Examen d’État et, pour beaucoup, les résultats sont déjà connus. Des millions d’enfants et de jeunes se retrouvent désormais à la maison pour près de deux mois.

Dans de nombreux pays, cette période est mise à profit pour organiser des colonies de vacances, des stages sportifs, des ateliers scientifiques, des visites de musées, des activités culturelles, des bibliothèques temporaires ou encore des programmes d’encadrement destinés à occuper utilement les jeunes.

Ces initiatives permettent de développer leurs talents, de stimuler leur curiosité et de les préparer à la prochaine rentrée scolaire.

À Kinshasa, le constat est malheureusement tout autre.

L’essentiel de l’attention semble se concentrer sur l’organisation des kermesses. De Maluku à Mont Ngafula, en passant par Limete, Kalamu, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Ngaliema et les vingt-quatre communes de la capitale, les autorisations se multiplient pour accueillir ces manifestations.

Mais une question fondamentale mérite d’être posée : quel est réellement le contenu éducatif de ces kermesses ?

S’agit-il de lieux où les enfants découvrent les sciences, les arts, les métiers ou les nouvelles technologies ? Y trouve-t-on des bibliothèques temporaires, des expositions, des compétitions sportives, des jeux éducatifs ou des activités favorisant l’apprentissage et l’épanouissement ?

Dans la grande majorité des cas, la réponse est non.

Il suffit de visiter ces espaces durant la journée pour s’en convaincre. Entre le matin et la fin de l’après-midi, les activités sont presque inexistantes. Les sites restent largement inactifs jusqu’aux environs de 16 heures. Ce n’est qu’en soirée qu’ils s’animent véritablement.

Et avec quelles activités ?

Principalement des concerts populaires, des prestations musicales à fort volume sonore et la vente de boissons alcoolisées qui se poursuit souvent jusqu’aux premières heures du matin.

Dans ces conditions, les jeunes sont davantage exposés à un environnement de divertissement nocturne qu’à un véritable cadre de loisirs éducatifs. Les nuisances sonores perturbent également la quiétude des quartiers, tandis que des mineurs se retrouvent parfois au contact d’un environnement qui ne favorise ni leur éducation ni leur épanouissement.

Plus préoccupant encore, toutes ces manifestations sont organisées avec les autorisations des autorités compétentes, qu’il s’agisse du gouvernement provincial ou des administrations communales. Cette réalité soulève une interrogation fondamentale : quelle est la vision des pouvoirs publics pour l’encadrement de la jeunesse pendant les vacances scolaires ?

Les terrains de sport, les espaces scolaires et plusieurs lieux publics qui pourraient accueillir des activités éducatives sont mobilisés pour ces kermesses. Pendant ce temps, peu d’initiatives sont proposées pour développer les compétences des enfants, les initier aux métiers, encourager la lecture, promouvoir le sport ou renforcer leur civisme.

Pourtant, la jeunesse est régulièrement présentée comme l’avenir de la nation. Si tel est réellement le cas, les vacances scolaires devraient constituer une période privilégiée pour investir dans son développement humain, intellectuel, culturel et sportif.

Il ne s’agit pas de condamner les kermesses ni les activités récréatives. Elles ont toute leur place dans la société. En revanche, elles ne devraient pas constituer l’unique réponse offerte à des millions de jeunes durant près de deux mois de vacances.

La République démocratique du Congo gagnerait à se doter d’une véritable politique nationale d’encadrement des vacances scolaires, associant les ministères de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et loisir, de la Culture et art ainsi que les collectivités locales. Les communes pourraient organiser des tournois sportifs, des concours de lecture, des ateliers d’informatique, des formations professionnelles, des colonies de vacances ou encore des activités citoyennes.

Investir dans la jeunesse pendant les vacances n’est pas une dépense : c’est un investissement stratégique pour l’avenir du pays.

À défaut d’une telle politique, le risque est grand de voir une génération entière livrée à elle-même, avec pour principal horizon le divertissement nocturne, l’alcool et toutes les dérives qui peuvent en découler.

La jeunesse congolaise mérite mieux.

Elle mérite une véritable politique d’encadrement, des espaces d’apprentissage, des activités porteuses d’avenir et des vacances qui préparent les citoyens de demain, plutôt que de les abandonner aux seules logiques du divertissement.

José Kapuku Mushilayi

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