En cette saison sèche, la cité de Dilolo, chef-lieu du territoire portant le même nom, traverse une situation préoccupante à plusieurs niveaux. Santé, agriculture, accès à l’eau potable, infrastructures routières et transport : tout semble figé, comme si le développement avait contourné ce coin de la République.
Un système de santé à bout de souffle

L’hôpital général de référence de Dilolo, censé assurer les soins de base à la population, fonctionne avec des moyens dérisoires. Les malades, souvent livrés à eux-mêmes, doivent assumer tous les frais médicaux. Le personnel de santé fait ce qu’il peut, mais sans équipements adéquats, les soins restent limités. Les dispensaires, eux aussi, manquent de tout. Les familles prennent en charge leurs malades, avec l’unique espoir d’un miracle médical.
Agriculture : une richesse sans encadrement

En cette période de récolte, les produits comme le maïs et les arachides remplissent les sacs, mais sans structure d’appui ni logistique de stockage.
Pour Alain DISMAS MAHUNGU, président du Conseil territoirial de la jeunesse de DILOLO :
Certains agriculteurs tardent à récolter, faute de moyens. D’autres voient leurs produits rachetés en masse par des commerçants venus de Kapanga, Sandoa ou Kafakumba, qui viennent alimenter le marché de Dilolo. Sur place, choux, tomates et légumes locaux maintiennent un semblant de vie économique.
Eau potable : la lutte quotidienne des mères

Dilolo manque cruellement d’eau potable. Quelques forages réalisés par le provincial Mathieu Kazembe Swana ilunga existent, mais sont largement insuffisants pour une cité aussi peuplée. Les habitants dépendent des sources naturelles. Les femmes se réveillent à 5h du matin pour espérer remplir quelques bidons. Passé 6h, l’eau manque. C’est un combat quotidien pour une ressource pourtant vitale.” informe Alain DISMAS MAHUNGU, président du Conseil territoirial de la jeunesse de DILOLO
Transport : entre débrouillardise et routes fantômes

Dans ce contexte, les motards jouent un rôle vital pour la mobilité. Ils transportent vendeurs et acheteurs, assurant une forme de continuité économique. Certains habitants traversent même jusqu’en Angola, situé à 12 kilomètres, pour faire du commerce. Cependant, la route nationale numéro 39 demeure un frein majeur. Actuellement à peine praticable, elle devient totalement coupée pendant la saison des pluies, isolant le territoire de Kasaji, deuxième ville de la province, distante de 144 kilomètres.
Le territoire de Dilolo incarne un paradoxe : riche de ses ressources, dynamique par la volonté de sa population, mais freiné par l’absence d’investissement et de vision à long terme. Ce constat n’est pas un cri de colère, mais un appel à la justice territoriale. Dilolo n’a pas besoin de promesses ; il a besoin de politiques concrètes, durables et équitables. Il est temps de remettre cette cité au cœur des priorités.
Divin KAKUND
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