Alors que le football congolais peine à survivre, un partenariat entre la République démocratique du Congo et le club français de l’AS Monaco, évalué à 4,8 millions d’euros, fait vivement réagir. Ce contrat aux allures prestigieuses est accusé d’ignorer la réalité du terrain local, où les clubs manquent cruellement de moyens pour simplement jouer.
Un récent article publié par Jeune Afrique a jeté un pavé dans la mare en révélant les contours d’un partenariat entre la République démocratique du Congo et le club de football français de l’AS Monaco. Le montant de ce contrat de sponsoring estimé à 4,8 millions d’euros, a rapidement suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique congolaise.
Un partenariat à plusieurs volets
Selon les informations relayées par Jeune Afrique, ce montant ne représenterait qu’un forfait de base dans un projet plus vaste. Kinshasa envisagerait notamment de faire venir l’équipe première de l’AS Monaco en RDC pour y disputer des matchs d’exhibition ou des rencontres promotionnelles. Mais à quel prix ? Le club princier aurait exigé que le gouvernement congolais prenne en charge les frais de déplacement, un coût estimé à 200.000 euros par match.
Une initiative qui interroge
Ce partenariat s’inscrit officiellement dans une démarche de promotion du sport et d’amélioration de l’image de la RDC à l’international. Mais pour de nombreux Congolais, la pilule passe mal. Car ce contrat intervient dans un contexte de crise aiguë du football national.
En effet, le championnat national de football a été interrompu en 2023, faute de financement. Il aurait fallu à peine 800.000 euros pour permettre aux clubs de poursuivre la saison et d’assurer leurs déplacements à travers le pays. Ce contraste entre les millions déboursés à l’étranger et les difficultés des clubs locaux illustre, pour beaucoup, une priorisation jugée incohérente et injuste.
Une stratégie mal comprise
Si l’ambition de nouer des liens avec un club prestigieux comme l’AS Monaco peut se comprendre dans une logique de rayonnement sportif international, la faiblesse de l’investissement dans le football local laisse perplexe. Les critiques fusent aussi quant à l’opacité qui entoure les modalités exactes de l’accord, en particulier sur la ventilation du budget et les retombées concrètes pour le sport congolais.
Quelle retombée pour le football congolais ?
Au-delà de l’effet d’annonce, de nombreuses voix réclament une refondation du football national, avec des investissements durables dans les infrastructures, la formation des jeunes, la professionnalisation des clubs et le soutien aux compétitions locales. Pour ces critiques, le partenariat avec Monaco ne saurait être une priorité tant que le football congolais reste en état de survie.
Pascal MULAND
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