Home Société Lualaba : pouvoir destructeur, Parlement complice ? L’IBGDH sort du silence
Société

Lualaba : pouvoir destructeur, Parlement complice ? L’IBGDH sort du silence

Share
Share

À l’issue d’une session de mobilisation organisée par l’Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains, IBGDH ASBL en sigle, du 16 au 17 avril courant sous le conduite de son Coordonnateur Maître Donatien Kambola, les témoignages des communautés affectées dressent le tableau d’une crise grave des droits humains dans la province du Lualaba.

Au cœur des accusations : le Gouvernement provincial, pointé du doigt pour avoir procédé, en toute impunité, à la destruction de plus de 500 habitations dans le cadre des travaux de modernisation de l’aéroport de Kolwezi. Des familles entières se retrouvent aujourd’hui sans abri, livrées à elles-mêmes, dans ce qui s’apparente à une violation flagrante des lois de la République.

Face à ces faits graves, une question dérange : où est passée l’Assemblée provinciale ?
Malgré les alertes répétées sur le caractère illégal et arbitraire de ces démolitions, l’organe délibérant brille par son silence. Aucune interpellation majeure, aucune action visible pour freiner ce que plusieurs qualifient déjà de dérive autoritaire.

Dans les zones affectées par l’exploitation minière, notamment à Dilungu, Musonoie ou encore dans les villages environnants comme Tshabula, la situation est tout aussi alarmante. Pollution généralisée, odeurs insupportables, maladies respiratoires, cultures détruites : les populations dénoncent une dégradation continue de leurs conditions de vie, dans une indifférence quasi totale des autorités.

À cela s’ajoute une insécurité grandissante et des nuisances sonores permanentes dues aux activités minières fonctionnant jour et nuit, privant les habitants de repos et accentuant leur détresse.

Le plus choquant reste ailleurs : l’absence totale de réaction politique.
Ni contrôle parlementaire sérieux, ni mesures fortes du Gouvernement provincial pour protéger les citoyens. Une inaction qui alimente aujourd’hui un sentiment d’abandon et de colère au sein des communautés.

Jusqu’où ira cette impunité ?
Que fait concrètement l’Assemblée provinciale pour faire respecter l’Édit n°025 du 30 août 2022 sur l’indemnisation et la réinstallation des populations affectées ?
Qui répondra pour ces familles jetées à la rue, ces enfants privés d’école et ces citoyens privés de leurs droits les plus élémentaires ?

Face à ce qu’elle qualifie de dérive grave, l’IBGDH ASBL tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut urgent. Elle exige la réparation des préjudices subis, l’indemnisation des victimes et le respect strict des lois par les entreprises minières.

Pascal MULAND

Share

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Don't Miss

Léopards : tensions entre clubs et sélection après la qualification

La convocation des internationaux congolais pour célébrer la qualification à la Coupe du monde 2026 continue de provoquer des réactions dans leurs clubs...

Tshikapa : morgue en panne, colère populaire

Depuis plus d’un mois, la morgue de l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Tshikapa est à l’arrêt. Une situation critique qui bouleverse le...

Related Articles

Kasaï : ultimatum de 15 jours aux opérateurs du transport pour payer leurs taxes

Le Ministre provincial en charge des Transports, du Tourisme et des Relations...

Lualaba : Fungurume sous tension, la CNDH appelle à restaurer l’autorité de l’État

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Bureau de représentation provinciale...

Kinshasa : confusion autour des contrôles routiers, des motards interpellés malgré la suspension officielle

La décision de l’Hôtel de Ville de Kinshasa suspendant les contrôles des...