À la veille de l’ouverture de la conférence nationale sur les infrastructures prévue ce 8 avril 2026 à Kinshasa, une note technique signée par l’ingénieur en Bâtiment et Travaux Publics Junior Katende, circule dans les milieux professionnels.
Loin d’un simple document académique, ce texte propose une remise en cause profonde des pratiques actuelles dans la gestion des projets publics. Il met en relief les blocages structurels et avance des solutions concrètes pour améliorer l’exécution et le suivi des infrastructures en RDC.
Dans son analyse, l’ingénieur dresse un constat sans détour : malgré la multiplication des conférences et engagements institutionnels depuis plus d’une décennie, les résultats sur le terrain restent insuffisants.
Parmi les faiblesses identifiées figurent l’absence de mécanismes d’exécution immédiate, le flou dans la répartition des responsabilités, le déficit de suivi technique et l’inexistence de sanctions en cas de défaillance.
Cette accumulation de lacunes explique, selon lui, pourquoi de nombreux projets stagnent ou ne produisent pas les effets attendus pour les populations.
L’une des propositions centrales de Junior Katende repose sur un changement de paradigme : passer d’un système basé sur des rapports souvent théoriques à un modèle axé sur la performance mesurable et la redevabilité en temps réel.
Il préconise notamment la mise en place d’un système numérique de suivi par jalons, permettant de contrôler chaque étape d’un projet ; des études jusqu’à la réception des ouvrages, avec des indicateurs précis de performance et de conformité.
Dans le détail, ce mécanisme inclut une structuration rigoureuse des projets (études, mobilisation des ressources, infrastructures, superstructures, réception), avec un contrôle à chaque étape : vérification technique, validation de conformité et mesure des performances.
L’objectif poursuivi est d’éviter les retards accumulés et corriger immédiatement les écarts. Ce système serait appuyé par une plateforme numérique capable de remonter les données en temps réel et de déclencher des alertes en cas de dérives.
Au-delà du suivi technique, l’ingénieur propose également la création d’une structure autonome de contrôle, rattachée à la Présidence de la République, chargée de superviser les grands projets publics.
Cette entité aurait pour mission d’auditer les chantiers, d’évaluer les performances des entreprises et de produire des rapports indépendants. En parallèle, il suggère un mécanisme contractuel basé sur la performance, intégrant des bonus pour les entreprises efficaces et des sanctions financières en cas de non-respect des délais ou des standards.
Enfin, la note insiste sur la nécessité de transformer la culture administrative elle-même.
La coordination des projets ne devrait plus être passive, mais orientée vers le contrôle et la rigueur.
L’ingénieur appelle également à rendre obligatoire l’intégration d’indicateurs de performance dans tous les contrats publics et à supprimer les validations purement administratives qui ralentissent inutilement les processus.
Ce que le citoyen doit comprendre:
– Les problèmes d’infrastructures en RDC ne viennent pas seulement du manque de moyens, mais surtout d’un déficit d’organisation, de suivi et de responsabilité.
– Les solutions proposées visent à rendre les projets plus transparents, plus contrôlés et plus rapides à exécuter.
– L’introduction du numérique dans le suivi des chantiers pourrait limiter la corruption, les retards et les travaux de mauvaise qualité.
Implications:
– Si ces propositions sont adoptées, elles pourraient transformer en profondeur la gestion des travaux publics en RDC.
– Les entreprises seraient davantage tenues responsables de leurs performances, avec des conséquences financières directes.
– L’État pourrait améliorer sa crédibilité en livrant des infrastructures dans les délais et selon les normes.
Avec le Journal La Gazette du Congo
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