À l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, la réforme du portefeuille de l’État s’impose comme l’un des dossiers prioritaires en examen. Lors de la plénière du 27 mars 2026, tenue au Palais du Peuple à Kinshasa, l’intervention du député Romain-Landry Bussa Mbule a particulièrement retenu l’attention par sa rigueur et sa portée politique.
Prenant part au débat sur la proposition de loi relative à l’organisation et à la gestion du portefeuille de l’État, l’élu a placé au cœur de son argumentaire une exigence majeure : mettre fin aux avantages accordés aux mandataires publics sans lien avec les performances réelles des entreprises qu’ils dirigent.
S’appuyant sur les dispositions constitutionnelles, Romain-Landry Bussa Mbule a rappelé que si la nomination des mandataires publics relève du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’État, elle doit impérativement s’accompagner d’une obligation de résultats mesurables et immédiats. « Il est inconcevable qu’un mandataire public bénéficie de bonus importants alors même que son entreprise enregistre des résultats négatifs. Les avantages doivent refléter la performance », a-t-il dénoncé.
Dans cette optique, le parlementaire a proposé une réforme concrète : réduire le délai de signature des contrats de mandat de six mois à trente jours. Selon lui, cette mesure permettrait d’instaurer une gestion plus réactive et orientée vers les résultats. « Les entreprises publiques ont besoin d’efficacité immédiate. Un délai de trente jours est largement suffisant pour fixer des objectifs clairs et engager les responsabilités », a-t-il soutenu.
Cette prise de position s’inscrit dans le cadre des travaux dirigés par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, au cours desquels plusieurs propositions de loi ont été jugées recevables et renvoyées en commissions pour un examen approfondi.
Au-delà du débat parlementaire, l’intervention de Romain-Landry Bussa Mbule traduit une volonté affirmée de rompre avec les pratiques de gestion peu performantes et d’instaurer une véritable culture de responsabilité au sein des entreprises publiques.
Si ces réformes aboutissent, elles pourraient marquer un tournant significatif dans la gouvernance publique en République démocratique du Congo.
José Kapuku Mushilayi
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