L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR/ASBL) a lancé une campagne de sensibilisation sur la justice climatique dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo.
Dans le cadre de cette initiative, des équipes composées de journalistes, d’avocats, de jeunes leaders, d’étudiants et autres activistes formés il a peu, ont été déployées dans plusieurs quartiers de Kolwezi impactés par l’exploitation minière ainsi que dans des villages environnants, notamment Tshabula, Kamimbi et Tshala afin de vulgariser le message auprès des communautés locales et de recueillir leurs préoccupations.
Organisée du 19 au 20 février, la campagne a permis de collecter les doléances et suggestions des habitants.

Pollution et risques sanitaires
Au cours de cette campagne de sensibilisation, L’IPDHOR dénonce une « pollution environnementale généralisée » dans certaines zones minières, évoquant un air devenu toxique, des eaux contaminées et des sols dégradés.
L’organisation accuse certaines entreprises minières, notamment KCC, MUMI, Metalkol, TFM et Sicomines, de polluer les rivières et les terres sans compensation équitable pour les communautés affectées.

Délocalisations et insécurité alimentaire
L’ONG pointe également des cas de délocalisations forcées, notamment dans la communauté de Kibalansani et d’autres quartiers. Selon elle, des populations ont été déplacées sans consultation préalable, sans compensation juste et sans réinstallation adéquate, ce qui constituerait une atteinte au droit de jouissance de la terre.
Par ailleurs, l’IPDHOR évoque une aggravation de l’insécurité alimentaire. La réduction des terres arables au profit des activités minières prive les agriculteurs locaux de leurs moyens de subsistance.
L’organisation dénonce également un déficit de consultation communautaire dans le cadre des études d’impact environnemental et social (EIES).

Les recommandations
Aux autorités publiques, l’IPDHOR recommande l’application rigoureuse des dispositions légales relatives aux études d’impact environnemental et social (EIES), aux Plans d’Atténuation et de Réhabilitation (PAR) ainsi qu’aux Plans de Gestion Environnementale (PGES).
Elle plaide également pour la mise en place de mécanismes de contrôle et de suivi efficaces, la réalisation d’études épidémiologiques régulières dans les zones minières et l’intégration d’un Plan de Réinstallation des Populations (PRP) dans le Code minier.
Aux entreprises minières, l’organisation demande la publication des études d’impact et une implication accrue des communautés locales dans les processus décisionnels.
Il s’agit, selon l’organisation, de la première campagne de sensibilisation d’envergure sur la justice climatique menée à l’intention de la population Lualabaise.
Pascal MULAND
Leave a comment