Dans les quartiers Dilungu, Bel-Air, Camp Dilala et Biashara, l’air a le goût du métal. Les habitants parlent de saignements de nez à répétition, de difficultés respiratoires, d’enfants qui suffoquent. Ici, respirer devient un risque.
Malgré la descente du ministre national de l’Environnement et de la gouverneure du Lualaba, rien ne change. L’exploitation de Ruashi Mining, filiale du groupe Jinchuan Group, est pointée du doigt. Les particules fines et rejets industriels sont à l’origine d’un calvaire sanitaire qui s’aggrave de jour en jour.

La dernière alerte transmise à l’ONG IBGDH ASBL date du 14 février 2025 : nouveaux cas d’enfants victimes de saignements et de troubles respiratoires alarmants. « Les lignes ne bougent pas à la taille de l’urgence. On nous offre des discours quand il nous faut de l’oxygène et de la sécurité », lâche un habitant, amer.
Pour IBGDH ASBL, l’heure n’est plus aux constats mais aux actes. L’ONG exige :
- La suspension immédiate des activités de Ruashi Mining jusqu’à des garanties sanitaires vérifiables ;
- Une expertise médicale indépendante pour évaluer l’impact réel sur les populations ;
- Une mobilisation générale de la société civile.
À Kolwezi, la question est brutale : les revenus miniers valent-ils le sacrifice d’une génération ?
Pour les riverains de Dilungu, le silence des autorités n’est plus perçu comme une lenteur administrative, mais comme une dangereuse indifférence.
Pascal MULAND
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