L’atmosphère reste électrique ce mardi 2 septembre à l’approche du verdict de la Cour de cassation concernant Constant Mutamba, figure montante de l’opposition. Très tôt, un dispositif sécuritaire impressionnant a été déployé autour de son domicile. Les forces de l’ordre ont tiré des coups de sommation et usé de gaz lacrymogène pour disperser ses partisans, venus manifester leur soutien.
Il était un peu plus de 3h du matin lorsque des dizaines de policiers, épaulés par quelques militaires, ont surgi à la résidence de Constant Mutamba. Une descente nocturne musclée : veilleurs et sympathisants ont été brutalisés puis chassés, avant que les forces de l’ordre n’investissent les lieux.
Au-delà de l’épisode musclé de la matinée, ce procès concentre de nombreux enjeux. Mutamba, avocat et chef de parti, ses partisans dénoncent un « acharnement politique » destiné à neutraliser une voix de plus en plus influente dans le débat public. Ses adversaires, eux, affirment qu’il doit répondre de ses actes devant la justice.
Le verdict attendu sera perçu comme un signal fort sur l’indépendance ou non de la justice en RDC. Une condamnation lourde pourrait radicaliser une partie de l’opinion et nourrir un discours de victimisation, au risque de raviver les tensions dans la rue. À l’inverse, une relaxe renforcerait le camp Mutamba et pourrait lui donner un poids politique accru dans les mois à venir.
À un moment où le pays est déjà traversé par des crispations sociales et sécuritaires, toute décision judiciaire aura des répercussions bien au-delà du seul cas Mutamba. Kinshasa, épicentre des mobilisations, reste sous haute surveillance, les autorités craignant un embrasement difficile à contenir.
Reste une question brûlante : où est Mutamba ? Emmené par les forces de sécurité ou toujours cloîtré dans sa résidence ? Le mystère demeure, à quelques heures seulement de son procès annoncé en pleine journée.
Le sort de Constant Mutamba se joue donc autant dans l’enceinte feutrée de la Cour de cassation que dans la rue, où ses partisans continuent de défier les gaz lacrymogènes et les intimidations policières.
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