Qui aurait cru que l’univers carcéral congolais allait un jour devenir le théâtre d’une tournée ministérielle à visage humain ? Et pourtant, en ce mois d’août 2025, c’est un Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa A. Andali, bottes poussiéreuses et regard lucide, qui est allé là où peu osent mettre les pieds : dans le cœur battant de notre système carcéral.
De Makala, à Luzumu, passant par Ndolo, le ministre ne fait pas du tourisme pénitentiaire, mais au contraire , il ausculte le malade pour en prescrire le bon traitement.
À Makala, le lundi 25 août, la visite commence tôt. Dès 9h30, pas de fanfare ni de tapis rouge, mais une plongée directe dans la réalité : centres hospitaliers mal équipés, enfants détenus avec leurs mères, cuisine de fortune, dortoirs exigus… Tout y passe.
Le nouveau patron de la justice n’etait pas venu faire des selfies ; il touche, il écoute, il note. Et surtout, il agit, offrant spontanément un soutien personnel aux mères détenues avec enfants, dans les limites de ses moyens mais avec la chaleur que seule une conscience éveillée peut offrir.
Le lendemain, mardi 26 août, cap sur Luzumu, dans le Kongo-Central. Trois heures de route pour atteindre un centre pénitentiaire de 2095 hectares, presque un village fortifié. Mais là encore, le Ministre ne se contente pas d’un tour de prestige ; il inspecte, échange, questionne et constate. Avec 703 détenus répartis dans 7 bâtiments modernes, Luzumu a tout d’une prison modèle. Mais modèle ne veut pas dire parfait, et Guillaume Ngefa le sait.
Loin des promesses politiciennes et des clichés sur les prisons africaines comme zones d’oubli, Guillaume Ngefa réaffirme que chaque détenu reste un citoyen. Et dans un pays où l’on confond parfois peine et disparition sociale, sa tournée carcérale remet les pendules à l’heure : un ministère de la Justice n’est pas un distributeur de sanctions, mais un gardien de l’équilibre humain.
Alors oui, il faut saluer cette initiative courageuse et systémique. Car, le ministre Guillaume Ngefa ne réforme pas depuis un bureau climatisé ; il répare en marchant, il écoute en se déplaçant, il réforme en regardant les murs tomber pour mieux reconstruire. Et s’il fallait encore le prouver, sa tournée dans les geôles du pays envoie un message limpide : la justice congolaise a désormais un visage, et ce visage n’a pas peur de la poussière.
La Rédaction
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