Par Pascal MULAND
Alors que Kinshasa se félicite d’un accord censé ramener la paix dans l’Est du pays, les déclarations contradictoires autour de ses véritables clauses sèment le trouble. À qui profite réellement ce texte ?
On nous avait promis la paix. Ce que l’on récolte, ce sont des déclarations contradictoires, des sous-entendus diplomatiques et un silence assourdissant sur l’essentiel : la vérité.
Tout a commencé avec une poignée de main, des sourires bien cadrés devant les caméras et l’annonce d’un « accord historique » entre la RDC et ses partenaires étrangers. L’espoir renaît ? À peine. Car à peine l’encre des signatures séchée, les masques tombent et les versions s’entrechoquent.
Le président américain jubile : selon lui, grâce à cet accord, les entreprises américaines ont désormais les portes grandes ouvertes sur les richesses minières congolaises. Mais à Kinshasa, la ministre des Affaires étrangères joue la carte du déni : « Il n’a jamais été question d’économie dans cet accord. » Vraiment ? Alors pourquoi l’un des négociateurs congolais parle-t-il, lui, d’un accord commercial à venir ? Et pour couronner le tout, le conseiller de Donald Trump, celui-là même qui a facilité les négociations affirme que nos minerais seront traités au Rwanda.
Trop d’ambiguïté pour une paix sincère
À ce stade, on ne sait plus ce qui a été réellement signé : un traité de paix ou un ticket d’entrée dans les mines congolaises pour les multinationales étrangères ?
Et ce flou n’est pas anodin. Il est stratégique. Car plus les lignes sont brouillées, plus les deals peuvent se faire loin des regards, au détriment du peuple.
Et pendant ce temps, l’Est continue de saigner
Sur le terrain, rien ne change. Les armes crépitent encore, les déplacés s’entassent, les veuves s’ajoutent aux statistiques… Pendant ce temps, les puissants jouent à la diplomatie d’influence. Le peuple, lui, attend des réponses, pas des envolées lyriques.
Le Congo n’est pas à vendre, même au nom de la paix
Il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Ce pays a déjà trop payé le prix du silence et de la naïveté. Un accord signé sans transparence est un accord suspect. Et une paix négociée dans l’ombre est rarement une paix durable.
Si la paix est réellement l’objectif, alors qu’on commence par dire la vérité. Sinon, il ne s’agira que d’un marché de dupes avec, comme toujours, les Congolais dans le rôle des sacrifiés.
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