On ne saura dire si la conférence des gouverneurs a permis de guérir les maux des provinces, mais elle a au moins trouvé un remède miracle à répéter en boucle : la Couverture Santé Universelle (CSU).
Dans son dernier diagnostic présidentiel, le président Félix Tshisekedi a recommandé avec insistance un traitement radical : allouer 15 % du budget provincial à la santé, sans ordonnance préalable.
Tant pis pour les routes en poussière et les écoles à ciel ouvert : la santé avant tout, et surtout, avant les querelles politiques.
Présent à Kolwezi avec sa blouse politique bien repassée, le Dr Joël Mundadi, conseiller principal du Chef de l’État en charge de la santé et du bien-être, n’a pas manqué d’injecter une dose de soutien enthousiaste.
“Le Président vient de faire un rappel à la posologie républicaine : la santé n’est pas un privilège, mais un droit”, a-t-il lancé à la presse, entre deux piqûres de rappel sur l’importance de la CSU.
Mais entre les ambitions sanitaires du sommet et les réalités des centres de santé délabrés, le traitement s’annonce long. À entendre le Président, il faudrait guérir d’abord les divisions politiques avant d’espérer guérir les populations.
“Pas de fièvre institutionnelle pendant qu’on combat une épidémie d’agression à l’Est”, a-t-il martelé, prescrivant à ses gouverneurs une cure de stabilité démocratique et un sirop de cohésion nationale.
C’est le genre de pharmacopée qui ne se trouve pas en pharmacie, mais dans les textes constitutionnels.
Reste à voir si les gouverneurs suivront la prescription jusqu’à la dernière gélule, ou s’ils opteront comme souvent pour un traitement symptomatique.
La Conférence des Gouverneurs, c’est un peu comme un congrès médical : beaucoup de diagnostics, peu d’ordonnances appliquées. Mais cette fois, avec le Dr Joël Mundadi dans la salle et le Président au stéthoscope politique, le mot d’ordre est clair : la santé, ou rien.
Ludovick Iwele
Leave a comment