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Appel urgent au gouvernement : CASMIA-G ASBL exhorte à l’application immédiate des instructions présidentielles pour sauver le secteur minier artisanal

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À l’issue de la 47ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue pour la toute première fois à Kolwezi, la voix de la société civile s’élève avec insistance. Dans un communiqué rendu public ce 17 juin 2025, la plateforme Comprendre et Agir dans les Secteurs Minier Industriel, Artisanal et de la Gouvernance, CASMIA-G ASBL, salue la prise de position ferme du Président de la République sur l’encadrement du secteur minier artisanal, tout en dénonçant l’inaction prolongée du gouvernement.

Pour la première fois, la capitale mondiale du cobalt a accueilli les plus hautes autorités de la République, et avec elles, un vent nouveau de responsabilité. Mais ce vent, la société civile le guette avec lucidité. Dans son communiqué de presse au ton incisif, la plateforme CASMIA-G ASBL salue la voix ferme du Président, tout en sonnant l’alarme contre une inaction gouvernementale devenue chronique.

L’exploitation minière artisanale souffre d’une négligence chronique. Les rapports sont là, les constats sont connus. Ce n’est plus le temps des discours, mais celui de l’action », martèle le communiqué.

Tel un arbre malade dont les fruits trahissent la souffrance des racines, le secteur minier artisanal ploie sous le poids des maux : “enclavement juridique, confusion administrative, taxation tentaculaire, exploitation sauvage, et militarisation rampante.”

À Kolwezi comme ailleurs, le paradoxe frôle l’absurde. Les concessions industrielles, censées être protégées par la loi, sont envahies en plein jour. Les sociétés ERG, GLENCORE, CMOC voient leurs sites squattés par des exploitants artisanaux, avec la complicité silencieuse de services censés faire respecter l’ordre.

Les bureaux d’impôts improvisés poussent comme des champignons dans les zones illégales, et les taxes y sont perçues avec zèle, comme si l’illégal était devenu la norme.

Un État schizophrène : à la fois gendarme et passeur

CASMIA-G pointe une dérive glaçante : l’État, au lieu de jouer son rôle de gardien de l’ordre, devient l’architecte du chaos.
Les documents officiels, censés protéger la légalité, servent de caution à l’illégal. Le cobalt quitte les mines clandestines sous escorte administrative, pendant que la réputation du pays, elle, s’enlise dans les marécages du laxisme.

« L’image de la République est mise à mal. Ce sont les failles de l’État ou la complicité de ses représentants qui alimentent les circuits parallèles », souligne le communiqué.

Des remèdes existent, encore faut-il vouloir guérir

Face à cette spirale dangereuse, CASMIA-G propose une boussole claire pour sortir du labyrinthe :

  1. Appliquer sans délai l’article 30 point E du Code minier, qui permet la superposition des activités artisanales sur les sites industriels, là où c’est possible et régulé.
  2. Reconnaître officiellement les sites artisanaux déjà occupés depuis des années, souvent présentés par les autorités elles-mêmes comme des “modèles”.
  3. Allouer une partie des fonds du FOMIN à des études géologiques pour créer de véritables Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) viables, rentables et durables.
  4. Redonner vie à l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), ce projet longtemps vanté mais resté stérile. Six ans après sa création, pas un seul kilogramme de cobalt n’a été acheté ou exporté. Une entreprise figée, comme figé semble être le soutien politique qu’on lui doit.

Le petit mineur, sacrifié sur l’autel de la cupidité

CASMIA-G dénonce un système où le mineur artisanal, pourtant à la base de la richesse nationale, est la première victime :
balances truquées, teneurs manipulées, pots-de-vin exigés à chaque étape, taxation abusive… le cobalt congolais se paie au prix fort, mais l’artisan, lui, ne touche que les miettes.

« C’est l’exploitant qui paie pour les pots-de-vin, les taxes, les barrières… Il n’est plus un acteur économique, mais une victime systémique », souligne l’organisation.

Des sites miniers transformés en théâtres de guerre

Et comme si cela ne suffisait pas, les mines deviennent des champs de bataille politique. CASMIA-G s’élève contre la présence envahissante des forces de l’ordre et des partis politiques sur les sites artisanaux. Ces lieux de labeur ne doivent pas être des arènes d’affrontement, mais des espaces de survie et de dignité.

En conclusion, CASMIA-G ASBL appelle toutes les parties prenantes : exploitants, coopératives, ONG, médias à se saisir de ce cri d’alerte. Car il ne s’agit plus de dénoncer dans l’ombre, mais de réclamer, haut et fort, un changement de cap.

Pascal MULAND

Contact Aigleinfos :
📞 +243 975 104 080 / +243 852 003 019

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