Dans la mise en scène spectaculaire du développement provincial, la ville de Kolwezi est devenue la vitrine reluisante de la gouvernance de Fifi Masuka Saini . Routes asphaltées, bâtiments administratifs modernes, écoles reliftées, hôpitaux flambants neufs…
Tout semble briller dans cette capitale provinciale comme pour prouver à la face du monde que le Lualaba avance. Mais à y regarder de plus près, cette image est trompeuse. Car pendant que Kolwezi s’offre au regard des caméras, les autres territoires vivent dans l’ombre, ignorés, marginalisés, presque rayés des priorités provinciales.

LUBUDI, KASAJI, SANDOA, DILOLO, KAPANGA et autres coins reculés crient leur désarroi. Là-bas, l’accès à l’eau potable est un luxe. Les écoles tombent en ruine, les centres de santé manquent de tout, et les routes sont parfois impraticables même à moto. Le sentiment d’abandon est profond, et l’amertume des habitants monte face à une gouvernance qu’ils jugent centrée sur une seule entité.

Sur certaines routes, les rivières font la loi ; souveraines, indomptables, elles décident du passage ou de l’arrêt. Là, il faut retrousser le pantalon et s’aventurer dans l’eau glacée. Plus loin, il faut soulever la moto, hisser le vélo, lutter contre le courant. Et parfois, quand l’eau devient trop large, trop profonde, il ne reste que la pirogue, frêle embarcation remplaçant le pont qui n’existe pas. L’absence d’infrastructures devient un quotidien, et chaque traversée, une épreuve.

La récente visite du chef de l’État Félix Tshisekedi au Lualaba a cristallisé cette frustration. Ce sont des chantiers situés uniquement à Kolwezi qui ont été présentés comme preuve du développement de toute la province. Pourtant, ces réalisations ne profitent qu’à une minorité des Lualabais, pendant que les autres attendent encore la matérialisation des promesses de la République.

Mettre Kolwezi sous les projecteurs est une bonne chose. Mais gouverner équitablement, c’est faire briller toute la province. Une vraie vision ne se limite pas à l’urbain ; elle embrasse les villages, les territoires, les oubliés. Pour un Lualaba sans exclusion, il est temps que la gouverneure élargisse son regard.
La Rédaction
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