À Kolwezi, capitale mondiale du cobalt, plusieurs organisations de la société civile dénoncent les impacts environnementaux et sanitaires des activités de la société Ruashi Mining. Une enquête menée pendant près de trois mois documente les conditions de vie de populations exposées à la pollution.
Derrière l’image d’une ville stratégique pour la transition énergétique mondiale, Kolwezi révèle une autre réalité. Dans les cellules Dilungu, Bel Air et Jacques Masengo, au quartier Biashara, des habitants affirment vivre au rythme d’une pollution qu’ils attribuent aux activités de la société minière Ruashi Mining.
Un rapport d’enquête rendu public le 13 mars dans la salle Immaculata de Kolwezi met en cause l’impact environnemental de l’entreprise. L’étude est le fruit d’une collaboration entre trois organisations : IBGDH, UwAZI et Sauti ya Lualaba.
Pendant près de trois mois, les enquêteurs ont mené des observations de terrain et recueilli des témoignages auprès des habitants. Selon leurs conclusions, la pollution serait notamment liée à un bassin de rétention d’acide, dont les émanations et les infiltrations affecteraient l’environnement immédiat.

Un environnement dégradé
Les analyses présentées dans le rapport évoquent une dégradation progressive de l’air, de l’eau et des sols dans les zones situées à proximité des installations minières. Les prélèvements d’échantillons effectués par les enquêteurs suggèrent que cette pollution aurait des effets directs sur les conditions de vie des populations riveraines.
L’agriculture, activité essentielle pour de nombreux ménages du quartier Biashara, est particulièrement touchée. Les sols, selon l’étude, ne permettraient plus de maintenir certaines cultures.
Dans les quartiers concernés, plusieurs résidents décrivent également des nuisances liées à la poussière, aux émanations chimiques et à la dégradation progressive de leurs habitations.

Des inquiétudes sanitaires
Au-delà de l’environnement, les organisations à l’origine du rapport s’inquiètent également de possibles conséquences sanitaires. Les témoignages recueillis évoquent notamment des irritations, des troubles respiratoires et d’autres symptômes que les habitants associent à l’exposition aux substances chimiques issues des activités minières.
Des recommandations et un débat ouvert
Lors de la présentation du rapport, à laquelle ont assisté des habitants, des représentants des médias et des services techniques de l’État, IBGDH, UWAZI et Sauti ya Lualaba ont formulé plusieurs recommandations.
Parmi elles figure notamment la fermeture conservatoire des installations jugées polluantes, le temps de mener des évaluations environnementales approfondies et de mettre en place des mesures de protection pour les populations locales.
La publication du rapport a également donné lieu à un échange avec les représentants des services publics présents, appelés à examiner les conclusions de l’étude.
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