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Le dialogue en RDC : l’héritage politique d’Antoine Gizenga et du PALU (Tribune de Christian Malamba)

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À travers cette tribune, Christian Malamba, coordonnateur national de la Ligue des jeunes du PALU, revient sur l’héritage politique d’Antoine Gizenga et la place centrale du dialogue dans la construction de l’État congolais, entre exigence de paix, unité nationale et responsabilité historique.

Dans l’histoire tourmentée de la République démocratique du Congo, le dialogue n’a jamais été un simple instrument de convenance politique. Il a souvent constitué une exigence de l’État, un impératif de survie nationale face aux risques permanents de fragmentation, de violence et de remise en cause de l’unité du pays.

À cet égard, l’itinéraire politique d’Antoine Gizenga, figure majeure du nationalisme lumumbiste et leader historique du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), offre un enseignement précieux.

Dès la Conférence Nationale Souveraine de 1992, Antoine Gizenga s’impose comme l’un des artisans de la réussite de ce grand moment de vérité nationale. Dans un contexte de crise profonde de légitimité du pouvoir et de défiance généralisée, il défend une ligne claire : le dialogue comme cadre souverain, inclusif et pacifique de la refondation de l’État congolais.

A ses côtés il y avait ses disciples , notamment Godéfroid Mayobo, actuel Secrétaire général du PALU, déjà présent parmi ses hommes de confiance, Gizenga inscrit l’action du PALU dans une logique de responsabilité historique, refusant aussi bien la radicalisation stérile que les compromis opportunistes.

À l’arrivée de l’AFDL en 1997, alors que le pays bascule d’un régime autoritaire vers un pouvoir issu de la guerre, Antoine Gizenga fait preuve d’une lucidité rare. Il comprend que la fin d’un système ne garantit pas automatiquement la naissance d’un État démocratique.

Très tôt, il alerte sur les dérives possibles d’une gouvernance sans dialogue structuré, dans un contexte marqué par la présence de plusieurs armées étrangères sur le sol congolais. C’est dans cet esprit qu’il adresse, par l’entremise de l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, une lettre de dénonciation de l’indifférence internationale face à la menace réelle de balkanisation de la RDC.

Ce geste politique fort témoigne de son sens aigu de la souveraineté nationale et de sa fidélité à l’idéal lumumbiste d’un Congo uni et maître de son destin.

Cette vigilance patriotique trouvera une traduction concrète dans le cadre de l’Accord de Lusaka, qui ouvre la voie au Dialogue national inclusif. De Gaborone à Pretoria, jusqu’à Sun City, Antoine Gizenga et le PALU participent activement à un processus complexe mais indispensable, couronné par l’Accord global et inclusif.

Là encore, Gizenga ne s’y engage pas seul. Il est constamment entouré de ses hommes de confiance, au premier rang desquels Godéfroid Mayobo, aujourd’hui Secrétaire général et Chef du parti, dont l’engagement aux côtés de Gizenga traverse toutes ces étapes majeures : de la CNS aux négociations de Lusaka, de Gaborone à Sun City, jusqu’aux échéances électorales de 2006 et au-delà.

Le Dialogue intercongolais marque une rupture fondamentale : il permet la réunification des institutions, la fin formelle des administrations parallèles et la préparation des élections générales de 2006.

Dans ce contexte, Antoine Gizenga opère un choix politique courageux et stratégique en scellant une alliance avec Joseph Kabila, alors que nombre d’observateurs s’attendaient à un rapprochement avec Jean-Pierre Bemba, perçu comme un leader de l’Ouest, tout comme lui.

En refusant toute lecture régionaliste ou émotionnelle, Gizenga démontre une fois de plus que sa boussole demeure l’intérêt supérieur de la Nation, la stabilité des institutions et la consolidation de l’État congolais.

Tout au long de cette période, Antoine Gizenga joue également un rôle d’arbitre dans plusieurs moments sensibles de la vie politique nationale, privilégiant la retenue, l’équilibre et la recherche de solutions durables plutôt que la confrontation permanente.

Cette posture contribue à ancrer durablement l’idée selon laquelle le dialogue n’est pas une faiblesse, mais une expression de maturité politique.

Cependant, l’héritage de Gizenga nous enseigne aussi une autre vérité essentielle : le dialogue ne saurait être assimilé à une légitimation de la barbarie, encore moins à une prime à l’impunité.

Dialoguer pour sauver la paix et préserver l’unité nationale ne signifie ni effacer les crimes, ni renoncer à la justice. Des responsabilités doivent être établies, et la justice doit suivre son cours, afin que la mémoire collective soit honorée et que la réconciliation nationale repose sur la vérité.

Enfin, il convient de rappeler que la réussite de tout processus de dialogue dépend de son environnement politique et institutionnel. Il doit être préparé avec sérieux, garanti dans son inclusivité et mené dans un climat de confiance minimale pour toutes les parties prenantes.

À ce titre, le Président de la République, en sa qualité de Chef de l’État et garant du bon fonctionnement des institutions, joue un rôle central pour créer les conditions favorables à un dialogue crédible, au service de la paix, de l’unité nationale et de la souveraineté du peuple congolais.

Relire l’histoire politique de la RDC à travers l’action d’Antoine Gizenga, du PALU et de ses compagnons, dont Godéfroid Mayobo, c’est comprendre que le dialogue, lorsqu’il est sincère, inclusif et encadré par l’État de droit, demeure l’un des piliers essentiels de la stabilité et de l’avenir.

Christian MALAMBA

Coordonnateur national de la Ligue des jeunes du PALU

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