La plateforme des organisations de la société civile œuvrant dans les ressources naturelles, CASMIA-G ASBL, a exprimé sa vive préoccupation face aux discussions en cours entre le groupe Glencore et le consortium Orion Resource Partners LP, soutenu par l’US International Development Finance Corporation (DFC), relatives à une éventuelle cession de 40 % des parts détenues dans Mutanda Mining (MUMI) et Kamoto Copper Company (KCC).
Dans un communiqué publié le 4 février 2026 à Kolwezi, CASMIA-G rappelle que toute transaction dans le secteur minier congolais doit impérativement se traduire par des retombées concrètes, mesurables et durables pour les communautés locales, premières victimes des effets sociaux et environnementaux de l’exploitation minière. L’organisation affirme que les nouveaux partenariats ne sauraient reproduire les pratiques du passé, caractérisées par l’accaparement des richesses par une minorité pendant que les populations riveraines s’enfoncent dans la pauvreté.
CASMIA-G exige l’adoption d’un nouveau modèle minier fondé sur le partage équitable des richesses, la création d’emplois décents, le transfert effectif de compétences, la promotion de l’entrepreneuriat local et le développement durable des zones affectées. Elle prévient que toute démarche contraire constituerait une violation manifeste de l’esprit des accords de Washington conclus entre la RDC et les États-Unis.
La plateforme interpelle également avec insistance le consortium Orion CMC sur la situation critique de l’exploitation minière artisanale au sein de certains périmètres de KCC et de MUMI, devenue un facteur majeur d’instabilité. Elle exige l’application immédiate des dispositions de l’article 30 du Code minier, afin de garantir légalement des espaces aux coopératives artisanales et de mettre fin à une cohabitation anarchique source de conflits.
CASMIA-G rappelle que la communauté des creuseurs constitue une composante à part entière des communautés autochtones et impactées et que son exclusion compromettra inévitablement la viabilité sociale des projets miniers. Elle avertit que l’ignorance persistante de cette réalité exposera les investisseurs à des risques sociaux et opérationnels graves.
Enfin, la plateforme exhorte l’État congolais à assumer pleinement ses responsabilités en imposant des partenariats miniers transparents, responsables et orientés vers l’intérêt général, et non vers des intérêts particuliers, faute de quoi la société civile se réserve le droit d’user de tous les moyens légaux pour défendre les droits des communautés affectées.

Pascal MULAND
Leave a comment