La société civile congolaise a franchi une étape majeure dans la promotion de la transparence et de la redevabilité, avec le lancement officiel, ce jeudi 22 janvier 2026 à Kinshasa, de la plateforme numérique « Mokengeli ».
Dédié au contrôle citoyen de l’utilisation des revenus issus du secteur extractif, cet outil innovant a été présenté lors d’un atelier de dissémination réunissant autorités publiques, partenaires techniques et acteurs de la société civile.
Développée par un consortium composé du Centre Carter, du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) et du Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP), la plateforme s’inscrit dans le cadre du projet « Démocratisation de la gouvernance du secteur extractif en RDC par le contrôle et la participation citoyenne ».

Ce programme est financé par l’Union européenne, dans le but de renforcer la transparence, la participation des citoyens et la bonne gouvernance dans un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Dans son allocution d’ouverture, Romain Ravet, directeur pays du Centre Carter, a rappelé que le secteur extractif demeure l’un des piliers fondamentaux du développement économique de la République démocratique du Congo. Il a insisté sur la nécessité d’impliquer directement les citoyens dans le suivi des recettes minières et pétrolières, afin de garantir leur affectation effective aux priorités sociales, aux infrastructures et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Conçue comme un véritable espace numérique de veille citoyenne, « Mokengeli » permet aux utilisateurs d’accéder aux informations sur les revenus du secteur extractif, de suivre leur gestion et de signaler d’éventuelles irrégularités.
À travers cet outil, les organisations porteuses du projet entendent renforcer la culture de la transparence, encourager la participation populaire et instaurer un dialogue constructif entre les citoyens, les autorités publiques et les entreprises du secteur.
Le lancement officiel de la plateforme a mobilisé plusieurs autorités gouvernementales ainsi que des partenaires techniques et financiers de premier plan, notamment le Fonds monétaire international (FMI), l’Ambassade de Belgique, l’Agence belge de développement (ENABEL) et l’ONG Diakonia.
Leur présence témoigne de l’intérêt croissant pour les initiatives favorisant la bonne gouvernance et la lutte contre la mauvaise gestion des ressources naturelles, dans un pays où le secteur extractif reste au cœur des enjeux de développement durable.
Ludovick Iwele
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