En République démocratique du Congo, la société civile hausse le ton contre la Gécamines après l’annonce de la possible vente de la mine de Mutoshi, à Kolwezi. Dans un communiqué de presse publié le 21 janvier, la plateforme CASMIA-G dénonce ce qu’elle qualifie de « dérive grave » de la gouvernance minière, accusant l’entreprise publique de s’apprêter à céder un actif stratégique au profit d’intérêts étrangers.
Selon des informations relayées par le média Congo Virtuel, la Gécamines envisagerait de racheter Chemaf pour environ un million de dollars avant de transférer la majorité des parts à des investisseurs américains. Une opération jugée inacceptable par CASMIA-G, qui estime que la RDC ne peut continuer à « brader ses ressources » dans un contexte de rivalité internationale accrue autour des minerais stratégiques.
Pour la plateforme citoyenne, cette démarche confirme une tendance dangereuse : transformer la Gécamines en simple dépositaire de titres miniers, incapable de développer elle-même ses actifs, alors que ces ressources devraient constituer un levier majeur de souveraineté économique et géopolitique.
CASMIA-G rappelle que le dossier Chemaf avait été présenté comme une opportunité historique pour renforcer la présence directe de l’État congolais dans l’exploitation minière. « Choisir aujourd’hui de vendre l’essentiel des parts à des investisseurs étrangers, c’est renoncer à cette ambition et sacrifier l’intérêt national », insiste l’organisation.
La société civile appelle les autorités congolaises et les dirigeants de la Gécamines à mettre fin à ces pratiques et à privilégier des décisions réellement profitables au pays. Elle interpelle également les investisseurs étrangers, leur rappelant que la recherche du profit ne peut se faire au mépris de l’éthique et des droits des communautés locales.
Pascal MULAND
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