En République démocratique du Congo, les violences survenues récemment à Bukama, dans la province du Haut-Lomami, continuent de susciter de vives réactions. Dans un message publié sur son compte X (ex-Twitter), Richard Muyej, ancien gouverneur du Lualaba, dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire dans la région et lance un appel à l’unité des Katangais face à ce qu’il qualifie d’« insécurité devenue structurelle ».
Dans son message, Richard Muyej évoque un bilan humain qui ne cesse de s’alourdir, inscrivant les événements de Bukama dans une série de tragédies qui, selon lui, marquent le Katanga depuis plusieurs années.
« Le carnage de Bukama vient s’ajouter à la longue litanie des tragédies qui endeuillent le Katanga », écrit-il.
L’ancien gouverneur cite notamment Lubumbashi, Likasi, Kilobelobe, Kolwezi et Kilwa, rappelant des épisodes de répression, de massacres et de violences visant aussi bien des jeunes que des mineurs artisanaux. Il mentionne également les enrôlements forcés de jeunes, les répressions brutales et des assassinats ciblés, perpétrés, selon lui, aussi bien dans des quartiers résidentiels que dans des zones urbano-rurales.
Dans un ton particulièrement grave, Richard Muyej estime que la répétition de ces violences dépasse le cadre de faits isolés.
« Leur répétition et leur extension territoriale révèlent une insécurité devenue structurelle », affirme-t-il, parlant d’actes « assimilables à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité ».
Face à cette situation, l’ancien responsable politique appelle les populations katangaises à dépasser la peur et la résignation.
« Peuple katangais, l’heure n’est plus à la résignation. Séchons nos larmes et redressons le front », écrit-il, plaidant pour une mobilisation fondée sur « l’unité, la solidarité et la détermination ».
Pour Richard Muyej, l’enjeu est désormais fondamental.
« Notre combat est désormais existentiel », insiste-t-il, estimant que seule une action collective permettra de préserver les droits, les terres et la dignité des populations locales.
Dans la dernière partie de son message, il rappelle que cette revendication n’est pas, selon lui, une demande particulière, mais un principe universel.
« Les Katangais revendiquent le droit inaliénable à la dignité et à la considération chez eux », conclut-il, parlant d’un « impératif de justice sociale et de citoyenneté ».
Pascal MULAND
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