Dans la province du Lualaba, la décision du gouvernement congolais de suspendre l’exploitation minière artisanale et le traitement des minerais continue de provoquer une onde de choc aux conséquences profondes.
Dans une lettre d’alerte adressée au vice-Premier ministre et ministre national des Mines, la Société Civile Révolutionnaire du Lualaba avertit sur les risques sociaux graves et imminents que fait peser cette mesure sur des milliers de familles.
Si la volonté des autorités de réguler le secteur minier, d’y rétablir l’ordre et la légalité est jugée compréhensible, la société civile dénonce cependant une décision aux effets immédiats « alarmants et préoccupants » pour les populations concernées. Selon elle, l’arrêt brutal des activités artisanales a été imposé sans alternatives économiques viables ni mécanismes d’accompagnement social.
Dans son plaidoyer, la Société Civile Révolutionnaire rappelle que des milliers de creuseurs artisanaux tirent leur subsistance quotidienne de l’exploitation minière. Autour de cette activité gravite toute une chaîne économique informelle : commerçants, transporteurs, restaurateurs et familles entières qui dépendent directement ou indirectement de cette activité pour survivre.
La lettre fait état de conséquences déjà visibles sur le terrain : une montée inquiétante du chômage massif, une insécurité alimentaire grandissante dans de nombreux ménages, l’abandon scolaire de nombreux enfants faute de moyens financiers, ainsi que des tensions sociales croissantes susceptibles de dégénérer en troubles à l’ordre public.
Face à ce tableau jugé préoccupant, la Société Civile Révolutionnaire du Lualaba alerte solennellement le gouvernement national sur la gravité de la crise sociale en gestation. Elle exige l’ouverture urgente d’un cadre de dialogue inclusif impliquant les creuseurs artisanaux, la société civile et les autorités provinciales, afin de trouver des solutions concertées et durables.
L’organisation recommande en outre la mise en place immédiate de mesures transitoires et d’un accompagnement social pour atténuer l’impact de cette suspension. Elle plaide enfin pour une régulation progressive, humaine et responsable du secteur minier, respectueuse de la dignité, du droit à la survie et des réalités vécues par les communautés locales.
Pour la société civile, la paix sociale, la stabilité et le développement durable ne peuvent être atteints sans une prise en compte sérieuse des conditions de vie des populations de base, premières victimes des décisions prises sans mesures d’atténuation.




Pascal MULAND
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