Une vive controverse secoue la scène politique congolaise après la révélation du décaissement de 135 milliards de francs congolais, destinés aux vivres des institutions publiques, alors que l’Est de la République démocratique du Congo traverse l’une des pires crises humanitaires de son histoire récente.
Dans une question d’actualité adressée à la Première ministre, l’honorable Mulamba Mputu Simon, député national élu du territoire de Tshikapa et président national du parti politique CODEP, interpelle le Gouvernement sur l’opportunité, la légalité et la moralité d’une telle dépense dans ce contexte critique. Selon ce document officiel déposé le 12 décembre 2025 à l’Assemblée nationale, ces fonds auraient été décaissés à l’occasion des fêtes de fin d’année, alors même que des milliers de Congolais fuient les violences armées perpétrées par le M23 et d’autres groupes armés.
L’élu national rappelle que dans des territoires tels que Rutshuru, Masisi, Nyiragongo, Beni, Mweso, Bunagana ou encore Uvira, des familles entières vivent sans abris, sans soins médicaux et sans assistance humanitaire adéquate. Pour lui, l’allocation d’une enveloppe aussi importante aux vivres institutionnels dans ce contexte suscite une profonde incompréhension, tant au sein de la représentation nationale que dans l’opinion publique.
Dans sa correspondance, l’honorable Mulamba Mputu Simon soulève plusieurs interrogations majeures, notamment :
- Comment le Gouvernement justifie-t-il une dépense qualifiée de « festive » en pleine urgence humanitaire ?
- Quelles institutions ont bénéficié ou bénéficieront de ces 135 milliards FC ?
- Le Parlement est-il concerné par ce décaissement ?
- Sur quelles lignes budgétaires ces fonds ont-ils été imputés ?
- Cette dépense était-elle prévue dans la loi de finances ou s’agit-il d’un décaissement exceptionnel ?
- Pourquoi l’urgence humanitaire à l’Est n’a-t-elle pas été priorisée ?
- Quelles mesures seront prises pour réorienter les ressources vers les besoins humanitaires ?
Pour cet élu du territoire de Tshikapa, dans la province du Kasaï, cette démarche vise avant tout à exiger la transparence dans la gestion des finances publiques et à rappeler que la solidarité nationale ne doit pas se limiter à des discours, mais doit se traduire par des actes concrets en faveur des populations les plus vulnérables.
José Kapuku Mushilayi
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