En pleine crise nationale, alors que des milliers de Congolais fuient les combats à l’Est et que les déplacés manquent de tout, le gouvernement vient d’autoriser une dépense qui passe très mal.
Ce qui devait être une enveloppe de 128,8 milliards de francs congolais pour l’achat de vivres destinés aux fêtes de fin d’année a finalement été augmentée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, pour atteindre 132,5 milliards de CDF.
Dans le contexte actuel, cette décision apparaît pour beaucoup comme un non-sens politique et un manque flagrant de priorité.
Comment justifier un tel niveau de dépenses pour des festivités alors que :
- les déplacés d’Uvira, Fizi, Rutshuru ou Masisi survivent sans vivres ni abris ?
- les FARDC manquent de moyens logistiques fondamentaux ?
- les hôpitaux des zones de guerre fonctionnent dans des conditions précaires ?
- les familles congolaises font face à la flambée des prix et à l’effondrement du pouvoir d’achat ?
Cette augmentation, décidée sans explication publique et sans plan détaillé de distribution, donne l’impression d’un gouvernement déconnecté de la souffrance nationale.
À un moment où chaque franc devrait être orienté vers la défense, le soutien humanitaire et la stabilisation du pays, consacrer près de 60 millions de dollars à une opération festive interroge profondément sur la gouvernance et la gestion des priorités.
La question n’est plus seulement budgétaire : elle est morale.
Les Congolais attendent de leurs dirigeants un sens aigu des responsabilités. Ils attendent que les moyens de l’État servent d’abord à protéger les citoyens, pas à financer des opérations dont la transparence reste, pour l’instant, inexistante.
En pleine guerre, ce choix budgétaire apparaît comme un mauvais signal, voire une provocation pour des populations qui vivent au rythme des bombardements, des déplacements et de la faim.
Leave a comment