Le ton se durcit. Face à l’immobilisme qui entoure toujours la reprise des exportations de cobalt, la plateforme CASMIA-G ASBL appelle ouvertement le ministre national des Mines à sortir de la réserve et à intervenir « de manière énergique » pour débloquer une situation jugée anormale, préjudiciable et incompréhensible au regard des enjeux économiques du moment.
Depuis la levée officielle de l’interdiction d’exporter le 16 octobre, aucun camion de cobalt produit en RDC n’a quitté le pays. Un statu quo que l’organisation qualifie de « dangereux », alors que les cours internationaux s’envolent et que les investisseurs s’inquiètent d’un climat réglementaire devenu, selon elle, « illisible ».
Une gestion opaque des quotas pointée du doigt
Au cœur des critiques : la récente décision de l’ARECOMS de s’octroyer un quota dit « stratégique ».
CASMIA-G conteste non seulement la légalité de cette initiative, mais également son opacité. L’organisation rappelle que l’ARECOMS est un organe de régulation, non un acteur commercial. En s’attribuant des volumes dont la quantité reste secrète, l’institution brouillerait les règles du secteur et créerait, selon CASMIA-G, un risque évident de conflit d’intérêts.
Pour la plateforme, la production, l’achat et la commercialisation des minerais stratégiques ne font pas partie des prérogatives du régulateur. Elle appelle à une clarification immédiate.
Un moment critique pour l’économie nationale
Dans un contexte où la demande mondiale en cobalt repart fortement à la hausse, la RDC – premier producteur mondial – ne peut se permettre d’être spectatrice.
CASMIA-G met en garde : chaque semaine de retard prive l’État de recettes, fragilise les entreprises minières et décourage les investisseurs à long terme.
« Le pays n’a pas le luxe d’attendre », insiste l’organisation, évoquant une embellie du marché « souvent brève et imprévisible ».
Un appel direct au ministre des Mines
Face à ce qu’elle considère comme une crise silencieuse mais aux conséquences lourdes, CASMIA-G demande une implication personnelle du ministre des Mines pour mettre fin aux ambiguïtés, restaurer la confiance et fixer une politique claire sur les minerais stratégiques.
L’organisation appelle également à examiner sans délai les revendications des entreprises minières, estimant qu’un dialogue franc et des décisions rapides sont indispensables pour protéger les intérêts de l’État et stabiliser le secteur.
Pascal MULAND
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