À Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, l’organisation de défense des droits humains JUSTICIA Asbl appelle la justice à se saisir d’office d’un incident de pollution survenu le mardi 4 novembre 2025 dans le quartier Kasapa, commune Annexe.
Selon l’ONG, des eaux contaminées provenant d’un bassin d’acide de l’entreprise Congo Dongfang Mining (CDM) se sont déversées dans plusieurs avenues du quartier, exposant la population à des risques sanitaires.
Des habitants inquiets après le déversement d’acides
Les habitants ont constaté, mardi matin, la présence d’eaux toxiques dans les rues, après ce qui serait une mauvaise manipulation d’un bassin de rétention d’acides utilisé par l’entreprise minière. Ces bassins contiennent des substances électrolytiques destinées au traitement du cuivre, mais potentiellement dangereuses pour l’environnement et la santé.
Le maire de Lubumbashi s’est rendu sur le site pour évaluer la situation, mais, selon le communiqué de JUSTICIA Asbl, l’accès lui aurait été interdit par les employés chinois de la société, invoquant l’absence d’un responsable habilité. Une attitude que l’ONG qualifie « d’étonnante et irrespectueuse » à l’égard des autorités locales.
Un « crime environnemental », selon JUSTICIA
Pour le président de JUSTICIA Asbl, Me Timothée Mbuya, cet incident s’apparente à un crime environnemental engageant la responsabilité du titulaire du permis minier.
Il rappelle que la législation congolaise, notamment le décret minier modifié en 2018, rend les entreprises objectivement responsables des dommages causés à l’environnement, même en l’absence de faute ou de négligence.
« Le déversement de substances toxiques est constitutif d’un crime environnemental. La loi impose aux exploitants miniers de prévenir ce genre d’incident et d’en répondre devant la justice », déclare Me Mbuya.
Appel à la justice congolaise
JUSTICIA Asbl demande au Parquet général près la Cour d’appel du Haut-Katanga d’ouvrir une enquête pour déterminer les responsabilités et sanctionner les auteurs. L’organisation rappelle que, selon le code minier, les crimes environnementaux sont imprescriptibles en République démocratique du Congo.
L’ONG, qui milite pour la sécurité et les droits humains dans le secteur minier, appelle les autorités provinciales à renforcer la surveillance des entreprises opérant dans la région du Katanga, où les incidents environnementaux sont récurrents.
Une problématique persistante dans la ceinture cuprifère
Le Haut-Katanga et le Lualaba concentrent la majorité des activités minières du pays. Plusieurs organisations locales dénoncent depuis des années les pollutions liées à l’exploitation du cuivre et du cobalt, souvent sans réparation pour les populations riveraines.
JUSTICIA Asbl estime que ce nouvel incident illustre « l’urgence d’une gouvernance minière plus responsable » et appelle à protéger le droit des habitants à un environnement sain, garanti par la Constitution congolaise.
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