Kolwezi, 23 octobre 2025. Sous le thème percutant « Pas de droits humains sans droits à la langue des signes », la communauté sourde de Kolwezi s’est réunie ce jeudi dans la salle de fête Immaculata, à l’occasion de la Journée mondiale des sourds, couplée à la Journée internationale de la langue des signes. Une initiative de l’Association des Sourds du Lualaba RDC, pour rappeler à la société que l’inclusion n’est pas une faveur, mais un droit.

Dès les premières heures, la salle s’est remplie d’une foule diversifiée : sourds, entendants, étudiants, représentants des autorités et partenaires sociaux. La journée a été ouverte par une prière prononcée par la Directrice provinciale de la Fonction publique, avant de laisser place à un vibrant message d’Estimé FUTWEJI, vice-président de l’Association, appelant à briser les préjugés : « Nous ne sommes pas des invalides. Nous sommes capables. Ce qu’il nous faut, c’est l’accès, la confiance et la considération. »
Ce plaidoyer fort a été suivi par l’intervention de la conseillère de la ministre provinciale en charge des affaires sociales, qui a salué la résilience des sourds, promettant de porter leur voix plus haut.

Des talents, des témoignages… et des défis
Des étudiants sourds de l’Université de Kolwezi (UNIKOL) ont partagé leur expérience, marquée par les barrières de communication, le manque d’interprètes et l’absence d’outils adaptés. Leurs témoignages ont bouleversé l’assemblée, révélant les réalités invisibles de l’exclusion silencieuse.
Mais au-delà des larmes, la journée a mis en lumière les talents et la créativité des personnes sourdes : sketchs, mode, musique… sans oublier la prédication du pasteur Shambani, et un atelier d’initiation à la langue des signes à l’intention des entendants, soulignant l’importance d’un dialogue véritable entre les deux mondes.

Un appel à l’action
Dans son mot de clôture, Papy MWEPU, président de l’Association, a lancé un appel clair aux décideurs :
« Nous demandons des écoles adaptées, l’accès à l’emploi, des services de santé inclusifs, et surtout, la reconnaissance officielle de la langue des signes comme langue nationale. »

Une société inclusive, c’est maintenant
La célébration de cette journée dépasse le cadre festif. Elle pose une question de justice sociale. Comment bâtir une société inclusive en laissant de côté ceux qu’on n’entend pas ?
À Kolwezi, la réponse est donnée : la surdité n’est pas une faiblesse, mais une différence qu’il faut comprendre, respecter et intégrer.
Divin KAKUND
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