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Kolwezi : A Luilu, cinq sabotages répétés contre les chantiers routiers

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À Kolwezi, la cité de Luilu défraie une nouvelle fois la chronique. Pour la cinquième fois, des engins affectés aux travaux de réhabilitation de la RN39 ont été vandalisés. Une contradiction flagrante pour une population qui réclame depuis des années la modernisation de cette route stratégique, mais dont une partie de la jeunesse s’illustre régulièrement dans la casse.

Dans la cité de Luilu, les engins de chantier sont devenus des cibles régulières. Ce lundi 29 septembre, une chargeuse et deux compacteurs de l’entreprise Sabaoth Construction SARLU ont été caillassés alors qu’ils intervenaient sur la Route Nationale N°39, axe Chamanzaka–Luilu. Un nouvel incident qui s’ajoute à une longue série : c’est la cinquième fois que des engins sont vandalisés sur ce tronçon en plein chantier.

Une route stratégique, mais impraticable

La RN39 relie plusieurs localités minières et constitue un axe vital pour l’évacuation de minerais et les échanges commerciaux vers Kolwezi. Sa dégradation a transformé le quotidien des habitants en calvaire : trajets rallongés, accidents fréquents, isolement de quartiers entiers. Les habitants de Luilu réclament depuis longtemps sa réhabilitation. Mais paradoxalement, ce sont certains d’entre eux, en particulier des jeunes qui sabotent les engins censés concrétiser cette revendication.

La jeunesse de Luilu, pointée du doigt

Avec ces cinq attaques successives, la jeunesse locale s’est forgée une réputation d’« irréductible saboteuse ». Intimidations des ouvriers, jets de pierres, destructions d’équipements : des pratiques qui traduisent moins une impatience qu’une irresponsabilité chronique. « Détruire les machines qui doivent reconstruire la route, c’est condamner son propre avenir », glisse un observateur local.

Un ultimatum du gouvernorat

Face à la répétition de ces incidents, le gouvernorat du Lualaba, dirigé par Marie-Thérèse Masuka Saïni, a durci le ton. Dans un communiqué de la cullule de presse, il a dénoncé des actes de sabotage et prévenu que les travaux pourraient être suspendus si la situation perdure. Une menace qui sonne comme un avertissement : à force de saboter les projets, Luilu risque de se voir privée d’infrastructures essentielles.

Ancienne vitrine industrielle de la Gécamines, aujourd’hui minée par le chômage et la pauvreté, Luilu vit un paradoxe cruel : ses jeunes détruisent ce qui pourrait les sortir de l’isolement. À ce rythme, c’est moins la route que l’avenir de toute une cité qui se fissure.

Pascal MULAND

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