À Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, la tension reste vive. Depuis le 16 septembre 2025, la ville est secouée par un mouvement de protestation des creuseurs artisanaux. Faute de zones d’exploitation officiellement reconnues, ces derniers ont érigé des barricades sur certaines artères, exigeant aux passants le paiement d’une taxe illégale. Ceux qui s’y opposent voient parfois leurs véhicules, boutiques ou habitations vandalisés.
Habituellement concentrés entre 16 heures et 20 heures, les affrontements ont éclaté dès la fin de la matinée pour ce cinquième jour de troubles. Dans les quartiers Kanina et Musonoie, creuseurs et forces de l’ordre se sont affrontés à coups de projectiles et de gaz lacrymogènes. Les protestataires dénoncent la privatisation croissante des carrés miniers au profit d’expatriés, qui les prive de tout espace légal pour travailler.
Les conséquences sont lourdes : les coopératives artisanales voient leurs revenus chuter, la confiance entre vendeurs et acheteurs s’effrite et des contrôles parallèles se multiplient, accentuant le climat d’instabilité. Selon les informations recueillies sur place, plusieurs blessés ont été enregistrés, sans qu’aucun décès ne soit confirmé pour l’instant.
Cette flambée intervient alors que le ministre national des Mines séjourne au Lualaba, considéré comme le poumon économique de la RDC. Une coïncidence qui souligne l’urgence d’un dialogue entre autorités et exploitants artisanaux afin d’éviter que la crise ne s’installe durablement.
Pascal MULAND
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