La rentrée parlementaire du 15 septembre 2025 à l’Assemblée nationale s’est ouverte dans une atmosphère tendue, sur fond de pétition contre le Bureau dirigé par Vital Kamerhe. Malgré des excuses publiques, le président de l’Assemblée nationale reste dans le viseur de nombreux députés déterminés à obtenir sa destitution.
Dans son discours d’ouverture de la session de septembre, Vital Kamerhe a adopté un ton conciliant. « S’il y en a parmi vous qui se sont sentis froissés, heurtés ou dérangés de quelque manière que ce soit par ma conduite ou mes propos, qu’ils daignent accepter l’expression de mes regrets les plus sincères, et j’implore leur pardon », a-t-il déclaré devant l’hémicycle.
Mais ce geste n’a pas suffi à apaiser la colère des frondeurs. « Monsieur Kamerhe a demandé pardon, il doit savoir que nous ne pardonnons pas. Nous poursuivons notre procédure législative », a répliqué le député Crispin Mbindule, figure de proue des initiateurs de la pétition.
Les pétitions visant à renverser le Bureau ont été officiellement déposées auprès du premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, en présence d’un huissier de justice venu attester de la régularité de la démarche. Fait notable : les bureaux de Vital Kamerhe étaient fermés à clé au moment du dépôt.
Selon plusieurs sources, plus de 250 signatures ont déjà été collectées. Les griefs portés contre le président de l’UNC sont lourds : « incompétence », gestion opaque des finances de l’Assemblée, mépris de la situation sociale des députés et entraves aux mécanismes de contrôle parlementaire. Les initiateurs ne comptent pas s’arrêter là et envisagent désormais de porter l’affaire devant la justice.
Face à cette fronde, Vital Kamerhe tente de relativiser. Il assure comprendre la démarche de ses collègues, qu’il qualifie de « légitime dans un cadre démocratique ». Selon lui, cette initiative reflète « l’engagement des parlementaires à répondre aux attentes de la population ».
Mais l’homme fort de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) n’ignore pas la gravité de la situation. Il a lui-même rappelé que « le conflit avec le Rwanda [lui] avait déjà coûté, à l’époque, le perchoir de l’Assemblée nationale », une allusion à sa destitution de 2009.
Cette offensive parlementaire intervient alors que le président Félix Tshisekedi avait appelé, la semaine dernière depuis la Cité de l’Union africaine, à une rentrée apaisée, centrée sur les grandes priorités nationales. Un appel resté sans effet, face à la détermination des pétitionnaires.
L’avenir politique de Vital Kamerhe, revenu en force sur la scène nationale après sa traversée du désert judiciaire, semble à nouveau menacé. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si cette fronde débouchera sur une destitution historique ou si le président de l’Assemblée nationale parviendra à sauver son fauteuil.
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