À Kolwezi, on ne gouverne plus : on balaie. La mairie s’est muée en entreprise de ramassage d’ordures, oubliant qu’une ville, ce n’est pas qu’un dépotoir géant à ciel ouvert. Pendant que les camions-bennes paradent en fanfare, les routes s’effondrent, les marchés pourrissent, la sécurité chancelle, et la jeunesse végète. Mais qu’importe ! L’essentiel, c’est que les photos de poubelles enlevées circulent sur WhatsApp.
La devise municipale pourrait être : “Un coup de balai suffit à gouverner”. Urbanisme ? Enterré sous les déchets. Routes et infrastructures ? Jetées dans la benne. Services publics ? Perdus entre deux sacs-poubelles. Culture et loisirs ? Inexistants, sauf peut-être pour organiser un concours du “plus beau tas d’immondices”.
Le paradoxe est savoureux : Kolwezi, capitale du cobalt, ville qui fait trembler les géants miniers de la planète, n’arrive pas à secouer un nid-de-poule. On exporte des milliards, mais les habitants pataugent dans la boue pendant la saison de pluie, enjambent les ordures et prient pour ne pas mourir dans une ambulance coincée dans un marché insalubre.
Mais rassurez-vous, l’institution a une stratégie : faire croire qu’en ramassant trois brouettes de détritus devant les caméras, elle a réglé la question de la gouvernance. L’illusion est parfaite. La mairie ne gère plus la ville, elle gère des déchets… et parfois même elle les recycle en arguments politiques.
Finalement, Kolwezi est devenue un théâtre burlesque où l’on confond l’art de gouverner avec l’art de balayer. Une pièce comique, mais dont les citoyens, hélas, ne rient plus : ils toussent, ils s’indignent, et ils survivent dans une cité où les poubelles sont reines et les vrais problèmes… jetés à la décharge.
Rédaction

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